Journée de l'Europe: la nécessaire reconstruction communautaire

Présentée par Stéphanie Gallet

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Le Temps de le dire

lundi 9 mai 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© AFP / WOJTEK RADWANSKI - Le 7 mai 2016, manifestation anti-gouvernement en Pologne

Le 9 mai 1950 la déclaration Schuman posait les bases de l'Union européenne. En 2016 c'est un nouveau projet commun aussi courageux et audacieux qu'il faudrait définir. Par Stéphanie Gallet.

Lundi 9 mai: Journée de l'Europe. Un peu partout en France et ailleurs, des rencontres culturelles ou sportives tentent de célébrer cette histoire commune. Mais il semble que ces derniers temps nous n'ayions pas trop le cœur à faire la fête. Le spectacle européen laisse plutôt un goût amer. Les institutions européennes apparaissent lointaines, technocratiques, et aux mains des lobbies financiers. "Tafta", "glyphosate", "Brexit"... autant de termes techniques dont les enjeux sont aussi cruciaux qu'ils semblent éloignés du vécu des Européens. Pire, ils sont plutôt synonymes d'incompréhension.

En Europe les désillusions sont immenses, certes, mais il reste une aspiration à l'unité et un attachement à ce qu'elle représente. Samedi 7 mai 2016, on a vu plus de 200.000 Polonais manifester à Varsovie pour défendre l'idée européenne face à un gouvernement plutôt europhobique. Du jamais vu depuis la chute du communisme. La mobilisation a été lancée par le Comité de défense de la démocratie (KOD) sous le slogan "Nous sommes et resterons en Europe ".

La déclaration Schuman du 9 mai 1950 avait surpris "un peu tout le monde par le ton et par le fond", explique Pascale Joannin qui salue "le fait majeur de Robert Schuman: le courage de cette déclaration". Déclaration qui pose les bases de l'Union européenne, avec la volonté de lancer un processus irréversible. Ce qu'il y a d'inédit dans le projet européen c'est la volonté partagée d'Etats de s'unir dans un même désir de paix, sans qu'ils y soient forcés. Il s'agissait aussi de sortir l'Europe du marasme économique, de porter un projet éminemment communautaire de paix et de prospérité économique. Dans l'esprit de Robert Schuman, le projet des politique, mais avec la volonté d'avancer pas à pas. Le père de l'Europe qui était "un homme de foi, qui avait hésité à se faire moine", rappelle Sébastien Maillard. Tendre la main à l'Allemagne était alors "un choix libre et conscient" au nom du bien commun qui n'allait pas de soi alors, précise le journaliste. "L'Europe n'est pas un mariage forcé".

"L'Europe est la patrie des droits humains et quiconque pose le pied en terre européenne devrait pouvoir en faire l'expression, dit le pape", Didier Degremont

 

Comment célébrer l'Europe sans évoquer la crise des migrants qui met cruellement à jour tant de divisions au sein même du projet européen? Pour Didier Degremont, "si Robert Schuman venait aujourd'hui à Calais, il serait extrêmement déçu des efforts qui ont été les siens et de la foi profonde qui est la sienne". Tout ce que signifie l'Europe, les valeurs de paix et de prospérité qu'elle porte sont toujours une réalité à l'échelle du monde. Mais ô combien fragile nous semble-t-elle! Lundi 25 avril 2016, c'est Barack Obama lui-même qui rappelait l'importance d'une Europe "forte et unie" à Hanovre, en Allemagne. Puis, ce vendredi 6 mai ce fut au tour du pape François de rappeler au Vieux continent la richesse de son histoire et la noblesse de son ambition, au moment de recevoir le prix Charlemagne. Deux grandes voix non européennes qui se sont élevées dans le sillage de nos Pères fondateurs.

Invités

  • Sébastien Maillard , journaliste à La Croix, correspondant à Rome

  • Pascale Joannin , directrice générale de la Fondation Robert Schuman

  • Didier Degremont , vice-président de l'antenne régionale du Secours catholique dans le Pas-de-Calais

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L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi, à partir du lundi 4 septembre 2017

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Stéphanie Gallet reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.