L' ABBE BERNARD VAN VYNCKT: "Fratelli tuti"

Emission spéciale

lundi 26 octobre à 18h01

Durée émission : 0 min

L' ABBE BERNARD VAN VYNCKT: "Fratelli tuti"

Le dernier livre du pape François "Tous frères" fait déjà grand bruit. Il est de grande actualité, au vu de ce qui se passe dans le monde.

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Voici la traduction:

Mes amis,
 
   Je suis vraiment heureux de vous retrouver pour vous parler d'un livre qui vient de paraître, il y a quelques jours, plus précisément le 4 octobre. Ne pensez pas que je perds la tête, en vous donnant son titre en italien : "Fratelli Tutti". Il nous vient du pape François, qui a voulu reprendre le projet de vie de son saint patron d'Assise. Même si certains me prennent pour le pape de Marche, je ne veux pas passer pour un vantard, sûrement pas ! Je laisse, à ceux qui pensent ainsi, la responsabilité de leurs propos ! Oui, ce texte il a été écrit par le pape de Rome et on en parle déjà beaucoup.    D'abord, parce qu'il a été écrit en concertation avec l'imam Ahmed al-Tayyeb, le responsable de la plus grande mosquée du Caire. Il était d'ailleurs au Vatican, lors de la présentation de ce texte. Les deux hommes s'étaient rencontrés l'an dernier. Ils ont sympathisé et ont décidé de publier un document commun pour souhaiter que tous les hommes, de toutes les religions, se retrouvent ensemble pour défendre notre terre comme notre maison commune. Pour y arriver, ils ont souhaité que nous devenions, toujours plus, des frères de nos frères ; ou comme le dit le titre : "Fratelli Tutti", tous frères.
   Cinq ans, après Laudato Si - nous dirions en français "émerveillés" - un livre qui avait déjà fait grand bruit et avait été remarqué lors de la Cop 21 à Paris, au point qu'il fut débattu par les maîtres du monde qui discutaient du changement climatique et de préserver notre terre comme, justement, une maison où chacun doit pouvoir vivre dans la dignité. Il ne faudrait pas que notre planète ne dérive à ce point qu'elle laisse des populations entières dans la misère.
   Cette fois-ci, le pape, toujours aussi prophète, ose déclarer que nous vivrions bien mieux, si nous étions vraiment tous des frères.  Mais ne croyez pas que cette idée plaît à tous. A peine une semaine plus tard, à Conflans-Sainte-Honorine, dans la banlieue de Paris, un professeur a été décapité, parce qu'il a osé montrer des caricatures du prophètes Mahomet. Et cela n'a pas plu à un parent d'élève musulman.
   Pourtant, je crois, moi, et de toutes mes forces, que François a raison. Car comment vivre comme des frères, si nous ne voulons pas accepter la différence de l'autre ? A chaque fois, naît un conflit, pour ne pas dire la guerre. Pour toute une populations parmi les plus pauvres, le pire des malheurs n'est-ce pas, justement, d'être pris au milieu de bombardements ou d'être tué pour deux fois rien !
   Depuis toujours, nous avons été témoins de tels massacres ; et dans combien de pays. Il n'y a pas si longtemps encore que ce soit le confit entre catholiques et protestants en Irlande, ou en Yougoslavie, à deux pas de chez nous. Aujourd'hui, ne peut que nous interpeller ce qui se passe en Chine avec la minorité des Ouïgours, en Birmanie avec les Rohyngas ou au Haut Karabagh, dans l'ancienne URSS. Partout dans le monde, quand des personnes se détestent, combien y a-t-il d'injustes tués ou de pauvres sans défense. Ces derniers paient un lourd tribu à la folie des puissants.
   A la fin du livre, le pape nous cite des hommes qui sont, pour lui, des exemples pour tous : Martin Luther King, qui défendit les noirs américains discriminés - une fois encore, cela ne doit pas faire plaisir à Donald TRUMP ! - Desmond Tutu, l'évêque baptiste d'Afrique du Sud, qui lutta contre l'Apartheid, ou encore Gandhi ; sans oublier celui qui fut appelé le "frère universel" : Charles de Foucauld. Ce dernier, au risque de sa vie, a décidé d'aller vivre au milieu des musulmans algériens et de se mettre à leur service. Ces beaux exemples présentent des hommes de bonne volonté, qui n'eurent crainte d'aller rencontrer les différences des autres, comme le fit saint François d'Assise en son temps. Il alla jusqu'à se déplacer en Egypte pour, au risque de sa vie, visiter le sultan Malik El-Kamil. François, cette fois, fit de même l'an passé et alla discuter, en Egypte encore, avec l'imam Ahmed al-Tayyeb, premier responsable de l'université d’Al Azhar, la prestigieuse institution de l’islam sunnite. Ils signèrent un manifeste sur la fraternité universelle, rappelant qu'il n'y a rien de plus juste et de plus vrai que de s'efforcer de tous vivre en frères. En ces temps de crise, c'est un beau message d'espérance, malgré tout ce qui peut nous faire douter des humains.
   Je vous promets que je serai là, lundi prochain, pour vous parler cette fois, de la Toussaint.    
 
 

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