L’Artemisia peut-elle être un traitement du Covid 19 ?

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 18 mai à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

Avec la crise du Covid-19, ces dernières semaines ont permis de faire connaître un peu plus l’Artemisia dans le monde entier. C’est une plante dont on dit qu’elle pourrait aider au traitement non seulement du paludisme, mais aussi du Covid-19. Des reportages dans les médias ont montré combien des chefs d’État et des gouvernements en Afrique s’y intéressaient, comme à Madagascar où on a vu le Président boire, à cet effet, une tisane à base de cette plante médicinale.

Depuis 2014, avec l’aide du Dr Cornet-Vernet, Fondacio a promu la culture de l’Artemisia dans cinq pays d’Afrique. Sur ce continent, le paludisme est un fléau. En 2018, 94% des 405 000 décès liés au paludisme concernaient l’Afrique, les enfants étant les premières victimes : prouver l’efficacité de l’Artemisia annua est donc un enjeu majeur. Originaire de Chine, cette plante y est inscrite dans la pharmacopée depuis 2 000 ans. La substance active de l’Artemisia, l’artémisinine qui a fait l’objet d’un prix Nobel en 2015, est une molécule difficile à synthétiser. Sa fabrication a révolutionné les traitements antipaludéens mais elle reste couteuse. 
Cependant, l’OMS s’oppose à l’utilisation de plantes comme l’Artemisia annua pour le traitement du paludisme, même si elles contiennent de l’artémisinine et ne coûtent rien. En effet, l’OMS attend des études qui puissent la rassurer. Car, d’une part, il faut pouvoir garantir que l’Artemisia ne provoque pas d’effets indésirables voire dangereux dans le cas de prise massive. D’autre part, l’utilisation et le dosage de la plante restent trop aléatoires : il y a une non-standardisation de cette phytothérapie, avec un taux d’artémisinine variable suivant la qualité de la plante. Mener à bien une étude scientifique nécessite au moins deux millions d’euros, mais « qui va payer des études pour une plante que tout le monde peut faire pousser chez soi ? Il n’y a pas d’argent pour ce genre de choses." souligne le Dr Cornet-Vernet.
Mais le Covid-19 va changer la donne, car l'Artemisia annua pourrait être efficace pour traiter la maladie. Déjà, "la Chine a publié une sorte de manuel de ce qu’elle a utilisé comme traitement contre le Covid-19 [...] L’Artemisia annua a une place très particulière dans cette posologie " souligne le Dr Cornet Vernet. Il faut engager au plus vite des études : une étude vient de démarrer en Allemagne, et une autre similaire devrait démarrer au Congo RDC.
Avec l’Artemisia comme pour la recherche sur le vaccin contre le Covid-19, on aimerait tant que tout ceci ne soit pas une affaire d’intérêts économiques, mais la volonté des États unis ensemble afin de soutenir, main dans la main, la recherche et la mise au point de traitements pour le bien de tous, notamment de ceux qui en ont le plus besoin.

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Le présentateur

François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio