L'artificialisation des sols, le bétonnage...

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Maison commune

mercredi 7 avril à 12h24

Durée émission : 3 min

Maison commune

Depuis les années 60, sous l’influence du modèle américain, cette Amérique des espaces infinis et sans limite, le territoire français s’est organisé en zone d’activités diverses, éloignés de la commune mais proche des réseaux de transport zone artisanale, commerciale, zone logistique, zone industrielle : ces 32000 zones aujourd’hui couvrent 500 000 ha soit un département français. Avec ce rôle de vitrine pour une commune, peu de maires n’ont pas succombé à la construction de ces zones qu’elles gèrent comme un lotissement.

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Le problème du bétonnage des sols c’est celui d’un arrêt à la fonction de régulation de l’eau, à la qualité de l’air et au stockage du carbone. Résultat : des risques d’inondations, des ilôts de chaleur et la destruction de la biodiversité. 
Et puis, dites-nous, est ce que vous les trouvez belles ces zones économiques et commerciales, ces étendues de hangars plus ou moins colorés ?  Imaginez aussi la qualité environnementale de ces bâtiments : quelle isolation ? Quel chauffage ? Quelles dépenses d’énergie !
Les Pays de la Loire ne sont pas en reste ni aucune de nos territoires locaux. 
La loi Climat et résilience se penche sur l’enjeu de ce bétonnage qui engloutit l’équivalent en terres agricoles d’un département tous les dix ans. 
La densification n’est guère populaire, et casser cette inertie est difficile car derrière ces zones économiques et ces lotissements ce sont des emplois. 
La loi Climat et résilience néanmoins veut tendre vers zéro : en interdant les surfaces commerciales de plus de 10000 m2. On doit aussi encourager à la rénovation…. et sans doute jouer sur une valorisation de la terre agricole. 
En France aujourd’hui le terre ne coûte pas cher : 6000€ l’ha en moyenne contre 10 à 20000 chez nos voisins frontaliers et 50000 aux Pays Bas. Cela pousse à la réflexion. Ce coût plus élevé de la terre agricole permettrait d’une part de redonner sa valeur au travail de l’agriculteur, plus prosaïquement, il permettrait de travailler sur la vacance des logements et des locaux : on compte aujourd’hui  3 millions de logements vacants, et 11% des locaux commerciaux . Cela permettrait aussi de réinvestir le bâti existant et les friches urbaines et industrielles, de convertir les sous sols en entrepôts logistiques de proximité, de mettre des logements sur d’anciens parkings, de surélever les bâtiments. D’effectuer un travail sur soi : préférer la rénovation au flambant neuf. 

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