L'attentat d'Istanbul devrait accélérer la lutte de la Turquie contre Daech

L'attaque n'a pas été revendiquée mais l'attentat d'Istanbul pointe du doigt les relations entre la Turquie et Daech "qui n'ont jamais été très claires". Jean Marcou répond à Florence Gault.

TURQUIE, le 13/01/2016 - L'Allemagne est sous le choc après un attentat à Istanbul. Mardi 12 janvier 2016, au moins 10 personnes ont trouvé la mort dont huit touristes allemands dans une attaque suicide qui a frappé le centre historique de la ville turque, entre la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue. On compte également de nombreux allemands parmi les 15 blessés.

Selon le gouvernement turc l’attaque serait le fait d’un kamikaze, identifié comme un Syrien né en 1988, aucun nom n’a été donné. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fermement condamné cette attaque, dont il attribue la responsabilité au groupe Etat islamique. Même si pour l’heure, l’attentat n’a pas été revendiqué et l'enquête se poursuit.

Jusqu’ici la complaisance d’Ankara à l’égard des jihadistes était pointée du doigt. Mais depuis quelques mois, un tournant s’opère. Pour Jean Marcou, en effet, "depuis l'été dernier la Turquie avait commencé à lutter contr eles cellules ilsamistes, il y a eu énormément d'arrestations de militants de l'Etat islamique". Cependant, pour le spécialiste de la Turquie, les relations entre Daech et la Turquie "n'ont jamais été très claires". Mais selon le politologue professeur à l'IEP de Grenoble, "l'attentat ne va faire qu'accélérer" la lutte de la Turquie contre l'Etat terroriste.