La Cour des Comptes pointe du doigt la mauvaise gestion publique

10 février 2016 Par

Comme chaque année, la Cour des Comptes rend un rapport dans lequel elle distribue les bons, et les mauvais points au sujet de la gestion de l’argent public.

Ce rapport, épais d’une bonne centaine de pages, passe au peigne fin la gestion de la dépense publique par l’Etat. Ce texte propose également plusieurs solutions, dans le but de lutter contre le gaspillage de l’argent du contribuable. Six points sont à dégager de cette mouture 2016.

La Cour prend notamment "acte" de l’échec du contrat de génération, l’une des principales mesures du quinquennat de François Hollande, sur le terrain de l’emploi. En tout, 500 000 contrats de ce  type sont attendus d’ici 2017. A l’heure actuelle, seulement 40 300 ont été signés.  Les Sages ont estimé que cette mesure avait représenté une charge supplémentaire sur les employeurs.

Nouvel échec relevé par les Sages : le système des soldes de militaires. A savoir le logiciel Louvois, vivement critiqué par l’institution militaire elle-même, et qui a entraîné des "trop-versés" de plus de 350 millions d’euros depuis 2011, et des coûts de fonctionnement faramineux d’au moins 60 millions d’euros sur la période 2013-2014.

Autre point litigieux, le fonctionnement de La Poste. La Cour des Comptes estime que le groupe doit repenser son organisation, via notamment un objectif de réduction du coût de la distribution du courrier, à l’heure de la grande concurrence  du courrier électronique. La Cour critique également le fort taux d’absentéisme chez les facteurs.

D’autre part, les Sages demandent à l’Etat de persévérer dans l’augmentation des prix du tabac. Ils préconisent des hausses plus fortes, plus continues "pour aboutir aux objectifs ambitieux" fixés par le plan de lutte contre le tabagisme, et pour faire rentrer davantage de taxes au passage dans les caisses de l’Etat.

La Cour des Comptes invite également l’Etat à mieux punir la fraude dans les transports en commun, particulièrement ceux d’Ile-de-France, où le coût annuel est estimé à 360 millions d’euros. Les Sages pointent du doigt la responsabilité des entreprises, mais également de l’action publique.

Enfin, les Sages demandent aux pouvoirs publics de clarifier les consignes du tri sélectif en France. Tout en admettant que le recyclage a bien progressé dans l’hexagone, la Cour des Comptes estime que l’Etat doit moderniser les centres de tri sélectif, et améliorer la connaissance des coûts supportés par les collectivités. 

Les précisions de Christian Vadon, coordinateur de la rédaction de RCF: