La Mecque: l'Arabie saoudite ouvre ses frontières aux pèlerins qataris

30 août 2017 Par

Après le boycott décrété le 5 juin dernier à l'encontre du Qatar, l'Arabie saoudite a rouvert ses frontières aux pèlerins qataris en voyage vers La Mecque.

Le pèlerinage musulman de La Mecque va débuter

Deux millions de pèlerins du monde entier sont attendus cette semaine à La Mecque dans l'ouest de l'Arabie saoudite pour effectuer le grand pèlerinage musulman. L'évènement sera marqué cette année par le retour des Iraniens, absents en 2016. Il se déroulera aussi sur fond de crise diplomatique dans le Golfe, entre d'un côté l'Arabie saoudite et ses alliés et de l'autre le Qatar.

Les premiers reprochent au petit émirat son "soutien" à des groupes extrémistes et son "rapprochement" avec l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite. Conséquence : l'Arabie a imposé un boycott au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend la fermeture des liaisons terrestres, maritimes et aériennes.
 

L'Arabie saoudite, respectueuse de tous les pèlerins, mêmes qataris

La semaine dernière, l'Arabie saoudite a annoncé la réouverture de ses frontières pour permettre aux pèlerins qataris de participer à ce pèlerinage. Pour Frédéric Encel, spécialiste de géopolitique et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient, "l’Arabie saoudite n’a pour légitimité que sa semi-théocratie de type wahhabite qui protège les lieux saints de La Mecque et Médine. La quasi-totalité des angles et des dimensions politiques et diplomatiques de l’Arabie saoudite depuis au moins le premier choc pétrolier de 1973, c’est l’expension du wahhabisme".

"Pour ce faire, il faut démontrer d’abord à ses propres ouailles, à l’ensemble du monde musulman sunnite, que l’on est une gardienne respectueuse de tous les pèlerins, même de ceux qui sont les ressortissants d’Etats avec lesquels on ne s’entend pas" ajoute-t-il. Pour autant, pour Frédéric Encel, il ne s’agit pas d’un réchauffement entre l’Arabie saoudite et le Qatar. "On est sur des tendances lourdes.  Les contentieux sont très lourds, d’autant plus qu’il n’y a pas d’ennemi commun" conclut-il.

Frédéric Encel, spécialiste de géopolitique et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient, au micro de Florence Gault: 

 

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