Laurent Bouvet: "Manuel Valls n'a quasiment aucune chance de l'emporter"

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Le Grand Invité

lundi 23 janvier 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© JOEL SAGET AFP

​Benoît Hamon et Manuel Valls se sont qualifiés pour le second tour de la primaire de la gauche. Éliminé, Arnaud Montebourg termine à la troisième place.

Pour ce premier tour de la primaire de la gauche, force est d’admettre que la participation était plutôt faible. Le nombre de votants est bien inférieur à celui de la primaire de la droite, voire même celui de la primaire de la gauche en octobre 2011. "Il y a un tiers de votants de moins qu’en 2011 pour le Parti socialiste. Et deux tiers de moins que pour la primaire de la droite. C’est important, ce n’est pas un succès, comme l’a répété Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS" explique Laurent Bouvet.

Il ajoute qu’il existe plusieurs explications à ce phénomène. "D’abord, il y a une présence de Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron en-dehors de la primaire, qui a retenu des sympathisants de gauche d’aller voter. Et puis c’est une primaire qui s’est organisée tardivement, dans la précipitation. Cette primaire était faite sur mesure pour François Hollande, alors que celui-ci n’y a finalement pas participé" ajoute le politologue, qui précise que les candidats restants ont dû vivre une primaire compliquée. 

Ce premier tour de la primaire pose encore clairement la question de la capacité du PS à rassembler avant la présidentielle. "Là, c’est très clair. La crise est ouverte au PS, de manière quasi historique au sens où on entend la refondation du PS depuis Epinay dans les années 70. On est à la fin d’un cycle d’une cinquantaine d’années qui montre que la synthèse, qui était le cœur de la politique socialiste, s’est transformée en deux gauches irréconciliables" analyse Laurent Bouvet.

Aujourd’hui, les forces d’attraction à l’extérieur du PS sont plus importantes que celles qui s’exercent à l’intérieur, ajoute-t-il. C’est la première fois historiquement que le PS ne va plus être hégémonique à gauche, il ne va plus être la force autour de laquelle tourne l’ensemble d’une élection et d’un cycle électoral à gauche.

Arnaud Montebourg, qui arrive en troisième position, appelle à voter Benoît Hamon, lors du second tour qui aura lieu dimanche prochain. La partie s’annonce très serrée pour l’ancien Premier ministre. "C’est mission impossible, quasiment. Avec même pas un tiers des voix, il n’a pas de réserves. On est très loin des 51 % pour Manuel Valls. Cela montre qu’il n’a pas su mobiliser car il était le sortant, il représente le quinquennat raté de François Hollande. Pour lui, le jeu était très difficile, mais son score d’hier soir fait qu’il n’a aucune chance de l’emporter dimanche prochain" conclut Laurent Bouvet.

 
On en parle sur RCF avec le politologue Laurent Bouvet bjr
 
Un mot sur la participation qu’on pourrait qualifier de plutôt faible. Comment expliquer que le nombre de participants soit nettement inférieur à la primaire de la droite par exemple, ou encore à celle de la gauche en Octobre 20114 ? 2.7
 
Qu’est-ce que ça nous dit de la capacité du PS à rassembler ?
 
Pour Manuel Valls, c’est une forme de déconvenue ?
 
L’héritage du quinquennat de François Hollande pourrait être trop pesant pour pouvoir convaincre les électeurs?
 
Les électeurs de gauche veulent visiblement passer à autre chose ?
 
Cette primaire, c’est une bataille entre deux gauches ?
 
En tout cas, c’est un second tour à risque ?
 
Arnaud Montebourg, qui termine en 3ème place appelle à voter Hamon. La partie s’annonce difficile pour Manuel Valls ? À nouveau dans le rôle du troisième homme avec 17,62 %, presque le même score qu'à la primaire de 2011, Montebourg apporte la victoire mathématique à son camarade frondeur
 
Hamon va devoir convaincre qu'il a la stature d'un président de la République ?
 
Quel message ont adressé les électeurs en votant en majorité pour Benoît Hamon ?

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