Le combat d’aujourd’hui, ... et du jour d’après

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 20 avril à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

François Prouteau nous parle du monde après confinement que nous sommes peut être en train de construire déjà ! »

Le Covid-19 nous rappelle que notre condition humaine est faite de limites. Par les temps qui courent, ces limites sont mises à rude épreuve pour ceux qui sont malades ou ceux qui ont perdu le nécessaire pour vivre, ou encore pour le personnel soignant et tout un ensemble d’acteurs socio-économiques ou politiques qui se donnent à fond pour assurer la continuité d’un ensemble de services pour le bien commun. En outre, tous, nous expérimentons nouvellement des limites d’espace et de temps. Pour certains, un espace très rudimentaire pour vivre et une heure de sortie par jour pour prendre l’air : c’est vraiment très peu, trop peu.

Y a-t-il des aspects positifs dans ce que nous vivons ensemble ? Je vous en livre quelques-uns selon moi, à ce stade, sans gommer en rien la situation dramatique actuelle.

La baisse des déplacements et l’interruption de certaines activités provoquent une diminution significative de la pollution atmosphérique. L’objectif « zéro émission nette de CO2 d’ici 2050 » paraissait relever d’un vœu pieux. Elle semble un peu moins hors de portée. Que de nombreuses découvertes en quelques jours ! Nous pouvons vivre sans avion et sans voiture. Mais il faut attendre encore les répercussions négatives de l’usage massif des liaisons numériques pendant le confinement pour faire un bilan complet des « émissions de gaz à effet de serre » en monde Covid.

On sait aussi qu’il nous faudra être mieux préparer collectivement pour faire face à des menaces sanitaires de grande ampleur, et que la réforme du système hospitalier est urgente ; il lui faut des moyens financiers plus importants. Tout le monde le savait, mais aujourd’hui, nous voulons tous que ça change résolument et cela va se passer.

Autre bonne nouvelle : nous pouvons favoriser le maintien d’une agriculture de proximité et les circuits courts producteurs-consommateurs. Il est urgent de réintégrer les véritables ingénieurs des sols et de l’air que sont certains animaux (le lombric, l’abeille, etc.) dans l’acte de produire, de transformer, de consommer bio. L’agroécologie doit se développer ici en France, comme ailleurs. C’est possible.

Réfléchissons plus globalement à notre manière de vivre. Quelles activités dont nous sommes privées actuellement par la crise ne portent pas atteinte à nos conditions essentielles de subsistance ? Certaines peuvent ne pas reprendre du tout, non ? Le sociologue Bruno Latour propose de faire un tel exercice à partir d’un questionnaire (http://www.bruno-latour.fr/fr/node/851.html) et de se partager les réponses en famille, en équipe de travail, ou dans d’autres groupes. 

Depuis un an, la crainte d’une fin d’un monde prenait de plus en plus de place dans les médias. Aujourd’hui, nous vivons une situation catastrophique, mais la question du monde après Covid est posée. Quel sera ce monde et comment s’y préparer ? Cette question est très positive, car la place qu’elle prend montre que le futur n’est pas bouché, que nous voulons construire un avenir, ensemble. De toute évidence, il faut que l’Europe se saisisse de cette opportunité pour connaître un nouvel élan. 

Toutes ces expériences, et ce n’est pas fini, montrent qu’on peut se mobiliser et agir pour traiter les grandes crises qui mettent en péril l’humanité. Podemos ! Yeswecan ! C’est possible.

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Le présentateur

François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio