Le décret anti-immigration de Donald Trump ne passe pas

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

jeudi 16 mars à 7h50

Durée émission : 8 min

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© NICHOLAS KAMM AFP

Le décret anti-immigration de Donald Trump devait entrer en vigueur jeudi 16 mars. Cela semble être un nouveau coup d'épée dans l'eau pour le président américain.

Un camouflet pour Donald Trump

Ce décret anti-immigration, promis par Donald Trump durant sa campagne électorale, devait interdire d'accès au territoire américain les ressortissants de six pays à majorité musulmane. Mais ce texte, qui devait entrer en vigueur jeudi, ne verra finalement pas le jour.

À peine cinq heures avant que la version revue et corrigée de ce qui est maintenant surnommé le "Muslim ban" (littéralement "interdiction des musulmans") ne prenne effet, le juge fédéral de Hawaï a temporairement suspendu son application sur l'ensemble du territoire américain. Il a été rapidement suivi par un juge fédéral de Seattle. Un nouveau revers judiciaire décrypté ce matin sur RCF par Jim Cohen, professeur à l'université Paris III et spécialiste des Etats-Unis.

C’est une des mesures phares de la présidence de Donald Trump. Déjà deux fois retoqué, on peut désormais parler de camouflet pour le président américain. "C’est un échec qu’en tant que citoyen des Etats-Unis, je trouve fondamental. Cette administration est en train d’imposer une forme de discrimination religieuse qui ne passe pas constitutionnellement ni dans l’opinion non plus" explique Jim Cohen.

 

Une politique qui divise

Cette seconde version, édulcorée et remaniée "ne change pas grand-chose. On a enlevé l’Irak car en mettant ce pays dans la liste, on risquait de poser des problèmes dans les relations entre les deux pays et de gêner l’effort de guerre contre l’Etat islamique. Tout le monde a remarqué dès le début qu’il n’y a pas l’Arabie saoudite dans cette liste. On se demande si ce n’est pas pour raisons d’affaires" ajoute ce spécialiste des Etats-Unis.

Donald Trump a indiqué qu’il envisageait de saisir la Cour suprême. "Mais pour l’instant, la mesure est bloquée. Il y a un gel. Je ne vois pas de justification constitutionnelle à ce décret" ajoute Jim Cohen qui ne voit pas comment la Cour suprême pourrait valider un tel texte. Il explique également que "Donald Trump n’a pas besoin du Congrès pour valider ce texte. Avec son pouvoir exécutif, il peut modifier les lois d’immigration aux Etats-Unis".

Concernant la politique de Donald Trump, Jim Cohen estime que Donald Trump ne pourra pas gouverner dans la durée en divisant continuellement. "Les tweets, les mesures symboliques auxquelles il tient ne sont pas une façon de gouverner. Les mesures les plus fondamentales qu’il propose, notamment le démantèlement de l’Obama Care, exigent l’accord du Congrès. Trump dispose d’une majorité dans les deux chambres, mais il ne tombera pas toujours d’accord avec cette majorité" conclut Jim Cohen.
 

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