Le déni du père, … une rupture anthropologique majeure

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 30 septembre à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

L’Académie Nationale de Médecine, dans son avis du 21 septembre estime que « la conception d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure, et n’est pas sans risque pour le « développement psychologique de l’enfant » et son « épanouissement ».

L’Académie Nationale de Médecine, dans son avis du 21 septembre estime que « la conception d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure, et n’est pas sans risque pour le « développement psychologique de l’enfant » et son « épanouissement ».

De fait, le projet de loi bioéthique avec la PMA pour les couples homosexuels crée une telle rupture. La Garde des Sceaux, Nicole Belloubet déclare : « Nous créons un mode de filiation qui est totalement déconnectée de la vraisemblance biologique ». Qui est ce « nous » qui s’attribue le droit de définir et le pouvoir de créer ce qu’est être un fils ou une fille ? 

Ce nous prométhéen ne va pas dans le sens du progrès, au contraire. Il y a dans la PMA pour tous, et demain avec la GPA, une conception techniciste et simpliste du corps humain appréhendé comme une machine avec des fonctionnalités que l’on peut imiter ou manipuler à loisir. Or les sciences contemporaines montrent qu’il ne faut pas « déconnecter » l’humain de sa réalité biologique dont font partis un père et une mère, pour toujours. Car dès sa conception, chaque petit humain reçoit deux lignées génétiques, et ses gènes durant toute sa vie sont présents et évoluent de différentes manières selon l’environnement. C’est ce que nous montre aussi l’écologie, la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu en tenant compte de leurs interactions. 

De plus, il y a un argument fallacieux de l’État à vouloir corriger une inégalité dans l’accès à la procréation pour les homosexuels. L’impossibilité de procréer pour les homosexuels est un fait de la nature et ne peut être réparé ni par les techniques ni par le droit. Nous sommes tous égaux dans la nature : qui que l’on soit, il faut une personne de l’autre sexe pour faire un enfant. Même s’il y a le désir et la souffrance de ne pas en avoir, deux hommes ensemble, deux femmes ensemble, ne peuvent pas concevoir un enfant. L’État ne peut rien y faire, et il a tort de vouloir lutter contre une discrimination là où il n’y en a pas. Lutter contre les inégalités, c’est plutôt préserver le droit de tout enfant, à grandir dans la mesure du possible, avec sa mère et son père. A ce sujet, l’Académie Nationale de Médecine « estime que, de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres, psychologues ». 

Que nous soyons capables de déconnecter l’être humain de sa nature et des limites de la vie organique est indéniable, mais est-ce dans ce sens que nous voulons utiliser la puissance des techniques à notre disposition ? Selon Hannah Arendt dans son ouvrage la Condition de l’homme moderne paru en 1958, c’est « une question politique primordiale » qui ne peut être abandonnée aux « professionnels » de la politique. « L’irréflexion (témérité insouciante, confusion sans espoir ou répétition complaisante de « vérités devenues banales ou vides ») me paraît une des principales caractéristiques de notre temps » souligne-t-elle. « Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que de penser ce que nous faisons ». Une telle proposition nous est adressée à chacun, si nous voulons être des sujets citoyens et responsables, respectant à la fois la nature et ce que dicte la raison, à l’heure de choix bioéthiques déterminants.

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François Prouteau est le président du mouvement Fondacio