Le Haut-Karabagh en proie à un regain de violence

4 avril 2016 Par

Cela fait des années que cette région située entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie est victime d’un conflit entre les deux Etats. Un degré de violence a été franchi le week-end dernier.

En effet, une trentaine de soldats ont été tués à la frontière de cette région séparatiste, dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’affrontements entre les forces azerbaïdjanaises et l’armée arménienne. Cette région est devenue au fil des années le symbole de la lutte entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, un conflit alimenté officieusement par la Russie et la Turquie depuis peu.

Un cessez-le-feu avait pourtant été mis en place en 1994. Selon le président arménien, Serge Sarkissian, 18 soldats arméniens auraient été tués, et environ 35 blessés. Côté azerbaïdjanais, on déplorerait la mort de douze soldats, ainsi que la perte d’un hélicoptère de combat, abattu selon les autorités d’Azerbaïdjan, par les forces arméniennes.

Selon Erevan, c’est Bakou qui aurait ouvert les hostilités en lançant une attaque vendredi soir à la frontière du Haut-Karabagh. Une attaque massive avec chars, artillerie et hélicoptères. De son côté Bakou a démenti, assurant avoir réagi à une offensive arménienne. Des affrontements vivement condamnés par Vladimir Poutine, le président russe, et John Kerry, chef de la diplomatie américaine.

De son côté, le président turc, Erdogan, en froid avec l’Arménie, a apporté son soutien à Ilham Aliev, le très sulfureux président de l’Azerbaïdjan. Ce dernier, en visite aux Etats-Unis jeudi dernier, avait notamment exigé devant John Kerry le retrait immédiat et sans conditions des troupes arméniennes du Haut-Karabagh.

Cette région, rattachée à l’Azerbaïdjan depuis l’ère soviétique, est le théâtre de nombreux conflits depuis plusieurs années. Entre 1988 et 1994, cette guerre a coûté la vie à 30 000 personnes, faisant également des milliers de réfugiés, en majorité azerbaïdjanais. Malgré un cessez-le-feu signé en 1994, aucun accord de paix n’a jamais été signé dans cette région désormais peuple majoritairement d’Arméniens. 

Les précisions de Gaidz Minassian, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique:

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