Le lobby bancaire opère une "capture intellectuelle"

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

mardi 16 février à 7h50

Durée émission : 8 min

Le lobby bancaire opère une "capture intellectuelle"

Les valeurs boursières ont de nouveau chuté la semaine passée, perdant entre 20 et 40 % depuis un an. L’économie mondiale ralentit, certains craignent qu’elle ne s’arrête pour de bon.

L’économie mondiale va-t-elle se stopper comme en 2008 ? Certains le craignent. 2016 est d’ailleurs le pire début d’année jamais enregistré sur les marchés. Les valeurs boursières ont encore chuté la semaine dernière, perdant au total, sur un an, entre 20 et 40 %.

Face au spectre d’une nouvelle crise économique, Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’université Paris I Panthéon-La Sorbonne, confirme que l’on est "face à de grandes turbulences. Rien n’est jamais certain. Mais il y a une crainte à avoir dans le fait que depuis la dernière crise, nous n’avons traité que les effets mais pas les causes. Un grand nombre de facteurs à l’origine de la crise de 2008 sont toujours là."

Et cette spécialiste de citer l’exubérance financière, l’hypertrophie du secteur bancaire et financier, la soumission de la politique monétaire aux marchés… "Il aurait fallu pousser les réformes bancaires et financières beaucoup plus loin pour élever les protections, il aurait fallu réduire la taille des banques, réorienter l’activité de ces dernières, ainsi que celle des marchés vers l’économie réelle" ajoute-t-elle.

Expliquant le jeu trouble des banques, face à la menace d’un renforcement de la règlementation, pour éviter les dérives financières, Jézabel Couppey-Soubeyran explique que ce qui casse la croissance et l’investissement, "ce n’est pas l’excès de règlementation, c’est l’excès de finance. Or on est loin d’être dans un excès de règlementation." Mais le lobby bancaire est financier est encore très puissant, et opère une véritable "capture intellectuelle".

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