Le pape François fête ses trois ans de pontificat

11 mars 2016 Par

Le pape François fêtera dimanche ses trois années de pontificat. Peut-on dresser un bilan de ses trois premières années à la tête de l’Eglise ?

Un "pape révolutionnaire", "l’homme qui fait bouger les lignes de l’Eglise", un "bâtisseur de ponts"… Les qualificatifs et les images ne manquent pas dans les médias pour décrire le pape François. Celui qui bénéficie d’une empathie singulière de la part de l’opinion publique, des politiques, et des médias, n’a en effet eu de cesse de vouloir "secouer" l’institution ecclésiastique, les fidèles, comme les non-croyants.

Pour de nombreux spécialistes, le pape François a sans doute le plus progressé sur le volet financier du Vatican. Benoît XVI avait démissionné, laissant le Vatican en pleine tourmente financière. Trois ans après, le pape François a effectivement fait le ménage, à ce niveau-là. Plusieurs milliers de comptes bancaires douteux ont été fermés, un ministère de l’Economie a même été créé, pour contrôler le budget de l’institution vaticane.

Une manière également d’affirmer sa distance avec le comportement de certains prélats. François n’a par exemple pas hésité à dessaisir certains cardinaux de leurs tâches, pour les confier à des laïcs, ce que la Curie a modérément apprécié. Pour certains vaticanistes comme Marco Politi, auteur de "François parmi les loups", le pape éprouve une certaine solitude à Rome. Ce qui l’a poussé dès le départ à prendre ses distances, en habitant à la maison Sainte-Marthe.

Mais cette solitude, si tant est qu’elle existe, le pape François n’a eu de cesse de la combler par sa très grande proximité avec les populations, et les personnes qu’il a rencontrées depuis ces trois ans. Avec pas moins de 21 pays visités, le pape a renforcé la proximité entre les croyants, et leur pasteur. Tout en mettant l’accent sur les personnes à la marge, "en périphérie".

Mais le pape François s’est montré également comme l'un des papes les plus proches de l’environnement, et restera sans doute, pour l’opinion publique  comme l’auteur de l’encyclique "Laudato Si", un document de référence publié avant la COP21, et qui a installé durablement l’Eglise dans le débat pour la sauvegarde de la planète.

Mais il reste de nombreux sujets sur lesquels le souverain pontife souhaiterait faire avancer l’Eglise : les questions de pédophilie, les relations familiales (déjà abordées lors du Synode pour la Famille), les relations internationales, pour lesquelles il a montré un intérêt particulier depuis son élection. La récente rencontre avec Kirill, et le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis en sont des exemples frappants. Un bâtisseur de ponts, effectivement…