Le Soudan du Sud, né dans le sang, bascule à nouveau dans la violence

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

mardi 12 juillet 2016 à 7h50

Durée émission : 8 min

Le Grand Invité

© Le Président du Soudan du Sud, Salva Kiir CHARLES ATIKI LOMODONG AFP

Juba, la capitale du Sud Soudan, a été lundi le théâtre de nouveaux affrontements. Des explosions et des tirs d’armes automatiques ont retenti dans plusieurs quartiers de la ville.

Les combats ont repris vendredi, à la veille du cinquième anniversaire de l'indépendance du pays. Ils opposent les forces loyales au président Salva Kiir et les ex-rebelles de l’actuel vice-président Riek Machar. Selon des sources locales, les affrontements auraient fait près de 300 morts, bilan qui pourrait s'alourdir puisqu'il concerne essentiellement les pertes de vendredi.

Depuis, les appels au calme se sont multipliés, notamment de la part du Conseil de Sécurité de l'ONU. Il demande de mettre fin aux combats qui menacent le processus de paix engagé l’an dernier. Sous la pression onusienne, les deux leaders politiques ont exigé, lundi, un cessez-le-feu.

"Cela fait longtemps que la violence touche le Soudan du Sud, et cela a débuté juste après la déclaration d’indépendance du pays il y a cinq ans. Ce n’est qu’un nouveau chapitre qui prouve simplement que les raisons sous-jacentes de ce conflit international ne sont toujours pas résolues et qu’il ne peut y avoir aucune paix au Soudan du Sud" explique Mukesh Kapila, ancien envoyé spéciale de l’ONU au Soudan.

"La communauté internationale aurait pu utiliser un langage plus fort et faire des demandes plus exigeantes. Mais soyons honnêtes, si les partis engagés dans le conflit sur place sont déterminés à aller jusqu’au bout pour détruire l’autre, il n’y a pas grand-chose que la communauté internationale puisse faire" ajoute ce spécialiste du Soudan du Sud, au sujet de la condamnation des récentes violences par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Les Nations-Unies seraient par ailleurs prêtes à envoyer un contingent de casques bleus sur place. Une mauvaise option pour Mukesh Kapila. "On sait que quand les pays voisins à un conflit s’en mêlent, cela crée autant de problèmes qu’on en résout. Et dans le cas du Soudan du Sud, on sait que les factions rebelles sont armées par son pays voisin, le Soudan. On sait aussi que par le passé, l’Ouganda a livré des explosifs au Soudan du Sud" rappelle-t-il.

Mukesh Kapila rappelle également que le problème au Sud Soudan vient de l’accord de paix signé entre les deux factions ennemies. Pour lui, il était irréaliste de penser que ces deux groupes pourraient cohabiter dans un même pays, sans violence. "En résumé, et je suis désolé de dire ça, ce ne sont pas les violences qui importent en ce moment. Le plus important est de résoudre les causes profondes de ce conflit qui remonte à plusieurs années, bien avant l’indépendance du Soudan du Sud" conclut-il.

 

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