Le vote FN progresse chez les catholiques

15 décembre 2015 Par

L’un des enseignements des dernières élections régionales, c’est sans nul doute la percée du Front National. Une avancée qui touche toutes les catégories sociales.Y compris les catholiques.

Un sondage IFOP publié la semaine dernière par l’hebdomadaire Pèlerin vient confirmer cette tendance. D’après cette étude, la digue qui empêchait le vote FN de pénétrer en profondeur l’électorat catholique aurait sauté. Ainsi, lors du premier tour des élections régionales, 32 % de l’électorat catholique (toutes catégories confondues) auraient donné leur voix au Front National. Un chiffre qui grimpe à 34 % chez les catholiques non pratiquants. Mais c’est chez les catholiques pratiquants réguliers que le vote FN est le moins important. Seulement 24 % d’entre eux auraient accordé leur voix au parti de Marine Le Pen pour le premier tour des élections régionales.

Pour Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies de l’IFOP, "cette poussée s’est faite avant tout dans l’électorat traditionnel de droite, composé de catholiques pratiquants et âgés". L’institut de sondage y voit avant tout une volonté chez les catholiques de sanctionner la politique actuelle du gouvernement. Il n’empêche qu’avec un total de 6,8 millions de voix pour les dernières régionales, le Front national a indéniablement gagné des électeurs dans toutes les catégories socioprofessionnelles. C’est notamment ce qu’indique Pascal Perrineau, politologue à Sciences Po Paris, et spécialiste de l’extrême-droite. Invité le 10 décembre dernier dans Face aux chrétiens, sur RCF, il a cependant nuancé le sondage de l’IFOP.

Pour le politologue, la digue dont parle Pèlerin "ne s’est pas effondrée". Et bien qu’il confirme que le vote FN vient de connaître une avancée sans précédent, Pascal Perrineau précise "que la pénétration du FN est plus faible chez les catholiques pratiquants réguliers".  En août dernier, lors de la visite de Marion Maréchal-Le Pen à l’université d’été catholique organisée par Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, l’Eglise de France avait rappelé que "la ligne des évêques n’a pas changé" en ce qui concerne le FN.