Les nuits sont enceintes et nul ne connait le jour qui naitra

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 27 avril à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

L’économiste Elena Lasida* commente ce proverbe turc qui dit la confiance en toutes les nuits. Nous y sommes, aujourd’hui personnellement ou à l’échelle du monde, mais ces nuits sont enceintes.

Aujourd’hui, avec le confinement, tous les membres de l’espèce humaine éprouvent ensemble leur appartenance à une maison commune, la Terre. Avec des conditions de vie mondialisées à cause de la pandémie, nous éprouvons de demeurer à la maison, avec l’expérience de la solitude et les liens, de la fermeture d’espace et de l’ouverture à l’inattendu, autrement et à d’autres échelles. Le soir à 20h, les voisins sortent, les applaudissements résonnent dans la rue, avec la musique et les chants, une fraternité s’exprime à quelques-uns sur le pas de la porte, elle se vit par millions, par milliards. Le monde devient une grande famille, atteinte d’une même menace et mobilisée par un combat commun. Des liens nous unissent, nous vivons de cette interdépendance, nous agissons pour la créer comme avec ce qui se passe pour les masques : ils se fabriquent dans les maisons et dans les usines, partout ils circulent et se partagent. Tout est lié. Et « « Les nuits sont enceintes » [...] la peur se transforme en audace, la méfiance en confiance et le repli en ouverture » (Elena Lasida) ;

Difficile aussi pour nous tous, d’être amputés de toutes les marques d’affection habituelle, privés des manifestations et des célébrations qui ponctuent d’ordinaire notre quotidien, meurtris de ne pas pouvoir honorés les défunts comme la dignité l’exige. Nous sommes en communion avec la souffrance. Par nos élans humains et les germes de l’Esprit-Saint en nos cœurs et agissant dans le monde, la fragilité partagée se transforme, dans la réalité, en source d’alliance ... En résurgence de fraternité, en jaillissements multiples et impétueux.

Avec la pandémie, je suis étonné de tout ce qui s’invente au cœur des nouvelles technologies, et notamment dans nos communautés ecclésiales à travers le monde. Je le vois à Fondacio, 200 personnes de vingt pays se rassemblent pour un parcours spirituel ; nous relions nos élans pour être des ferments actifs d'espérance pour le monde. Ce matin, une de mes filles, Jeanne, me parle de deux veillées « Jésus Squad » on line qui ont eu lieu, l’une au Rameaux, l’autre samedi dernier. En France, tous les scouts y sont invités par les dominicains de Nancy, pour cheminer ensemble. Des initiatives se multiplient sur les réseaux sociaux. Habite au milieu de la civilisation technologique, une authentique humanité et une fraternité en marche, « nous sommes passés d’une église de la planification à une église d’invention » (Mgr Dubost).
« Tout est lié », « tout est fragile », « tout est donné » lit-on dans Laudato Si’. Nous sommes pauvres, et sommes riches de l’amour fraternel. 

Geneviève de Gaulle disait ce qu’elle avait appris des pauvres : « le secret de l’espérance, c’est le secret de la fraternité ».

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Tous les lundis le président de Fondacio nous partage son expérience et son regard sur l'actualité et sur le monde.

Le présentateur

François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio