Les occupants de l'église Sainte-Rita expulsés

4 août 2016 Par

L'église Sainte-Rita a été évacuée des militants qui l'occupaient depuis plusieurs mois. Une expulsion qui cristallise de vives réactions.

Une trentaine de personnes ont été expulsées par la police de l'église Sainte-Rita hier matin (3 août). Elles occupaient l'édifice du 15e arrondissement de Paris depuis plusieurs mois, pour empêcher sa démolition. 

A la mi-journée, une vingtaine de soutiens étaient toujours présents à l'extérieur du bâtiment, célèbre pour ses bénédictions annuelles d'animaux. Des objets (bannières en l'honneur de Sainte Rita, chandeliers, tableaux religieux) étaient déposés sur le trottoir, pour être mis à l'abri. Quant à l'entrée du bâtiment, elle était gardée par une société de sécurité privée. 
 

la classe politique réagit

Dans un communiqué, la préfecture de police a indiqué que l'évacuation s'était déroulée sans incidents, mais aussi que l'église Sainte-Rita n'était ni consacrée, ni dédiée au culte. Une vision rapidement contredite par les élus Les Républicains au conseil de Paris. Ils condamnent une évacuation indigne et parlent même de violences policières. Plusieurs élus de droite et d'extrême droite ont également évoqué le deuil de la communauté chrétienne, en référence à l'assassinat la semaine dernière du père Jacques Hamel près de Rouen et à ses obsèques, célébrées ce mardi.

Certains vont plus loin et n'hésitent pas à accuser directement le gouvernement. C'est le cas notamment du député Les Républicains Eric Ciotti. A la sortie du conseil des ministres hier, le porte parole du gouvernement Stéphane Le Foll a réagi, rejetant toute responsabilité de l'Etat. Il a précisé que l'église appartenait à une association: les Chapelles catholiques et apostoliques, qui entend depuis un an faire détruire l'édifice, en vue d'une opération immobilière.

L'expulsion des occupants de l'église avait été validée par le tribunal de Paris, dans une décision rendue le 6 janvier dernier. Propriété d'une association basée en Belgique, il devrait bientôt être détruit, avant d'être cédé à un promoteur immobilier français, qui construira un parking et des logements sur son emplacement.