Libye: Le groupe Etat Islamique vaincu à Syrte

6 décembre 2016 Par

Les forces armées libyennes reconnaissant le gouvernement d'union national ont chassé les djihadistes de Syrte, lundi 5 décembre. Daesh avait fait de la ville sa place forte depuis des mois.

Après six mois de combat, les forces libyennes fidèles au gouvernement d'union nationale (GNA) ont finalement proclamé la victoire à Syrte lundi 5 décembre. Pour le groupe Etat Islamique, c'est un coup d'arrêt majeur. Daesh avait fait de la ville sa place forte en Libye en juin 2015. La libération de la ville ne marque pas pour autant la fin du groupe djihadiste dans le pays, qui reste miné par les divisions
 

Un appui aérien américain

Les forces libyennes ont repris le contrôle total de la ville de Syrte après la capitulation de certains djihadistes du groupe Etat islamique, et la fuite d'autres combattants de Daesh. Selon les responsables militaires libyens, une trentaine de membres du groupe extrémiste se serait rendue. Ceux qui fuient sont pourchassés. Cette victoire de l'armée fidèle au gouvernement d'union marque la fin d'une violente bataille de 6 mois. Les forces pro-gouvernementales déplorent 700 morts et 3 000 blessés. 

La bataille de Syrte a commencé le 12 mai 2016. Après une avancée rapide les premières semaines, les forces libyennes du GNA se sont heurtées à une farouche résistance. Les combats dans les rues de la ville ont été particulièrement violents. Daesh a aussi utilisé des voitures piégées conduites par des kamikazes pour endiguer la progression de l'armée. En août, les Etats-Unis ont lancé un campagne de frappes aériennes. Les avions, drones et hélicoptères américains ont procédé à plus de 450 tirs. 

Hélène Bravin, journaliste, chercheuse associée à l’IPSE (Institut Prospectives et Sécurité en Europe) et auteur du livre « Kadhafi, vie et mort d’un dictateur » explique pourquoi cette bataille a duré si longtemps. 


 

Les djihadistes fuient vers le sud

Le succès à Syrte renforce le gouvernement d'union national. Depuis sa nomination, appuyée par la communauté internationale, le premier ministre Fayez al-Sarraj peine en effet à asseoir son autorité sur le pays. Dans l'est, le général Khalifa Haftar, soutenu par un puissant contingent armé, refuse de reconnaître la légitimité du gouvernement d'union national. 

Ces divisions devraient permettre au groupe Etat Islamique de conserver une présence sur le sol libyen. Le sud du pays reste en proie à l'absence d'Etat et aux rivalités entre les tribus. La zone joue un rôle de carrefour entre le Maghreb et reste du continent africain. Des djihadistes sont aussi restés à Benghazi. 

Des propos que confirme Hélène Bravin.

 

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