Loi travail, pourquoi tant de haine?

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Le Temps de le dire

mardi 29 mars 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© PATRICK HERTZOG AFP

Le projet de loi travail arrive aujourd'hui au Parlement. Ce qui marque le début du marathon parlementaire de Myriam El-Khomri, alors que son texte continue d'être vivement critiqué.

La loi travail arrive aujourd'hui au Parlement. La ministre Myriam El Khomri la présente cet après-midi à la commission des affaires sociale de l'Assemblee Nationale, ce qui marquera le début de son marathon parlementaire, afin de convaincre les élus du bien-fondé de son texte. Ce dernier a été profondément remanié mais continue de susciter une large hostilité, que ce soit chez quelques syndicats ou dans l'opinion publique. Jeudi, sept forces syndicales et organisations de jeunesse ont d'ailleurs appelé à une quatrième journée de mobilisation.   Une opposition partagée par Pascal Lokiec, professeur de droit. "Je ne crois pas que la réforme du Code du travail puisse créer de l’emploi" explique l'auteur de "Il faut sauver le droit du travail" chez Odile Jacob.

Pour le gouvernement cette modernisation du droit du travail va donner une plus grande souplesse aux entreprise pour leur permettre d'être plus réactive tout en protégeant davantage le salarié en lui octroyant de nouveaux droits. Pour la ministre c'est un veritable élan en faveur de la démocratie sociale. Pour les syndicat au contraire, à l'exception de la CFDT, c'est tout simplement une régression sociale qui détricote une législation protectrice sans contrepartie en matière de création d'emploi. Pour Marc-Olivier Padis, directeur des études dans le think tank Terra Nova, "ce qui n'a pas été suffisamment expliqué par le gouvernement, et c'est bien dommage, c'est l'ouverture du champ de la négociation en entreprise". Il ajoute que dès le départ, la méthode employée par le gouvernement n'a pas été la bonne. "Depuis le début du quinquennat, François Hollande avait voulu mettre l’accent sur le dialogue social, or là on avait un passage en force avec la menace de l’utilisation du 49-3" précise ce spécialiste. Une méthode qui peut sans doute expliquer la vague de contestation au projet de loi.

La CFDT, vue aujourd'hui comme le syndicat réformiste en matière de loi travail approuve en revanche les modifications apportées qu'elle a largement inspirées. Du côté du patronat, c'est tout l'inverse. Alors que le Medef et la CGPME avaient salué la première mouture du projet de loi, elles estiment aujourd'hui que les dernières modifications du texte sont une dénaturation du projet initial, qui ont vidé la loi de sa substance. Il demeure que cette loi, probablement la dernière grande loi du quinquennat, a durci les positions et creusé le fossé entre le gouvernement et une partie de l’opinion de gauche. Pour Marc-Olivier Padis, "le premier projet de loi nous semblait assez criticable sur pas mal d’aspects mais présentait en même temps des choses assez intéressantes. Nous avons fait une note assez critique mais équilibrée qui proposait des rééquilibrages pour ce texte. La nouvelle mouture proposée comporte des choses intéressantes".

Se pose enfin la question de l'emploi. Le long périple de ce texte a été téléscopé par les derniers chiffres du chômage, portant sur le mois de février, qui, une fois encore, ne sont pas bons. Cette loi pourra-t-elle créer de l'emploi, alors que le chômage de masse s'est installé durablement dans notre pays ?
 

Invités

  • Vincent Grimaud , Journaliste au magazine Alternatives Economiques

  • Pascal Lokiec , professeur de droit et auteur de "Il faut sauver le droit du travail" chez Odile Jacob

  • Marc-Olivier Padis , directeur des études au sein du think tank Terra Nova

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.