Loi Travail: une semaine décisive pour le gouvernement

7 mars 2016 Par

Face à une grogne de plus en plus importante au sujet du projet de réforme du Code du travail, le gouvernement va tenter d’arrondir les angles auprès des partenaires sociaux.

La réforme du Code du travail initiée par Myriam El Khomri ne passe pas. Une pétition a été lancée sur Internet, et a déjà récolté plus d’un million de signatures. Même les Youtubeurs les plus célèbres sur le réseau social s’y sont mis, et ont édité une vidéo qui a séduit plus de 220 000 internautes.
 

Une bronca qui a poussé le gouvernement à reporter l’examen du projet de loi, qui sera finalement examiné à l’Assemblée nationale le 24 mars prochain, au lieu du 9 mars initialement prévu. Ce qui devrait également laisser le temps à Manuel Valls d’apporter "les améliorations" promises dimanche dernier, à la veille d’une semaine de rencontres et de discussions avec les partenaires sociaux.

Entouré de la ministre du Travail, et du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, le Premier ministre débute lundi 7 mars une série de consultations avec les syndicats et le patronat. L’objectif de ces rencontres est double : rassurer les syndicats tout en évitant de braquer le patronat.

Côté syndicats, la CFDT en tête des formations jugées "réformistes", ont demandé au gouvernement d’apporter des modifications au texte alors que d’autres organisations  comme la CGT, FO et Solidaires continuent de réclamer le retrait pur et simple du projet de loi. Une opposition retrouvée dans l’opinion publique, puisque selon les derniers sondages, sept Français sur dix resteraient opposés à la loi El Khomri.

Ce texte, censé répondre au chômage de masse auquel est confronté le pays, propose notamment d’accorder plus de souplesse aux entreprises en matière de licenciement tout en renforçant les droits des salariés via notamment le Compte Personnel d’Activité (CPA). Ce texte devrait également mettre fin au syndrome du "CDD à répétition", qui alimente la précarité en matière d’emploi, notamment chez les jeunes.

Une chose est sûre, le gouvernement veut à tout prix éviter ce qui s’est passé en France avec le CPE, il y a dix ans. A l’époque, le Contrat Première Embauche avait réussi à faire descendre dans la rue plusieurs milliers de personnes. De son côté, l’opposition reste aux aguets, convaincue que cette affaire se règlera dans les urnes, en 2017, si l’équipe au pouvoir finit par s’embourber.

Yvan Ricordeau, secrétaire national chargé de la formation professionnelle à la CFDT: