Loir-et-Cher : les forces de son attractivité !

20 avril 2015 Par

© 2015 - Julie Rolland

L'Observatoire de l'Economie et des territoires de Loir-et-Cher organisait lundi 20 avril, son premier colloque avec comme invité, l'économiste Laurent Davezies.

" Il y a des chiffres qui pourraient laisser penser à un déclin dans le département. Et pourtant, si on lève le capot et qu'on regarde de plus près le moteur du département, on se rend compte qu'il y a quelque chose". Des images comme celles-ci, Laurent Davezies, économiste et professeur titulaire de la chaire "Economie et développement des territoires" au conservatoire national des arts et métiers n'en a pas manqué durant cette soirée. Des métaphores pour expliquer que, certes la crise touche bien évidemment le Loir-et-Cher, à commencer par le secteur du BTP mais qu'il a aussi dans le département des atouts indéniables.
L'attractivité d'un territoire peut passer par les ressources productives. Dans le Loir-et-Cher, c'est l'attractivité dîte résidentielle qui domine. Selon Laurent Davezies, le Loir-et-Cher rassemble à la fois ceux qu'on appelle les "navetteurs", mais aussi les retraités et les touristes.

Les "navetteurs"

Le Loir-et-Cher sait visiblement inciter les "navetteurs" à s'installer sur son territoire. Les navetteurs, ce sont ceux qui vivent dans le Loir-et-Cher mais qui travaillent à l'extérieur de celui-ci. Chiffre à l'appui, l'économiste argumente son propos : "à Vendôme, 10% des actifs travaillent hors du département, dont la moitié en Ile-de-France. Pour Blois, la proportion est un peu plus faible mais tout de même conséquente avec 7%. Et sur le reste du département, la part des navetteurs représentent 20%".

Les retraités

Le désert médical, c'est une réalité dans le Loir-et-Cher et plus largement la région Centre Val de Loire. Pour autant, cela n'empêche pas le département d'attirer les retraités; il y a bien évidemment les Loir-et-chériens eux-même mais il y a aussi ceux qui choississent le département pour leurs retraites. Et c'est une formidable opportunité pour le département et notamment pour Blois qui en accueille un certain nombre. Cela s'explique très simplement pour Laurent Davezies : " Dans la ville-préfecture, le revenu moyen des retraités présents est 15% plus élevé que la moyenne nationale !". C'est donc une manne financière non négligeable...

Le tourisme

" Vous êtes bon là-dessus", lance Laurent Davezies. Sans détours, l'économiste reconnaît le développement touristique du Loir-et-Cher. Il y a de vraies locomotives ; on pense notamment au zooparc de Beauval (900 000 visiteurs l'an passé) ou encore au domaine national de Chambord (plus de 700 000 visiteurs l'an passé).
L'économiste distingue le tourisme marchand avec les hôtels et campings et le non-marchand qui regroupe les résidences secondaires, entre autre. Les deux fonctionnent relativement bien dans le département, notamment à Blois et dans ses environs.
L'économiste emet tout de même un bémol ! "Ce qui est inquiétant, c'est que dans le secteur de l'hôtellerie/camping, l'emploi a régressé dans certaines zones. Entre 2007 et 2013, le Loir-et-Cher a perdu 390 emplois dont 340 sur le territoire, hors Blois et Vendôme". Un chiffre qui interroge quand on sait que le conseil départemental s'est fixé comme objectif de doubler d'ici quelques années, le nombre d'emplois dans le secteur touristique.