Luc Rouban: "En Marche ne représente pas un renouveau"

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Le Grand Invité

mardi 13 juin 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© LIONEL BONAVENTURE AFP

Deux jours après le résultat du premier tour des élections législatives. La République en Marche a écrasé ses concurrents avec 32.32 % des voix.

Législatives : des élections par défaut

Le parti d’Emmanuel Macron pourrait ainsi rafler entre 415 et 455 sièges selon les projections d’Ipsos. Parité, jeunesse, société civile. Le président de la République a fait du renouvellement son principal argument de campagne. Mais avec un Français sur deux qui n’est pas allé voter, que peut-on déduire du désir des citoyens envers la classe politique ?

Pour Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS/Cevipof, "ce premier tour s’inscrit dans la logique de la présidentielle. Ce sont largement des élections par défaut. L’élément crucial de ces élections, c’est le taux d’abstention qui n’a jamais été aussi haut durant toute la Vème République. En 2012, nous étions aux alentours de 57 % de participation, 60 % en 2007, dans les années 81 on atteignait les 70 %. Cela ne cesse de baisser. Nous avons là un signal très fort de scepticisme à l’égard de la vie politique de la part des électeurs".

 

En Marche n'incarne pas de renouveau

Il ajoute qu’il faut "replacer l’élection d’Emmanuel Macron dans sa perspective. Quand on a interrogé un grand nombre de personnes dans le cadre de notre enquête électorale au Cevipof, on s’est aperçu qu’une grande majorité des électeurs ne votaient pas pour Emmanuel Macron par adhésion, mais par défaut. C’est un vote de rejet des autres candidatures. Mécaniquement, les procédures électorales ont fait qu’on arrive au résultat que nous avons aujourd’hui, à savoir un résultat considérable pour La République En Marche".

En cas de majorité absolue de la République en Marche à l’issue des législatives, la question aujourd’hui est de savoir si l’on pourra parler véritablement de renouveau à l’Assemblée nationale. Pour Luc Rouban, "on a un peu usé et abusé du terme société civile. Cela renvoie surtout au milieu économique et au milieu des affaires. On a une véritable concentration de représentants des classes supérieures au sein des candidats d’En Marche. On retrouve des personnes largement diplômées. On n’assiste donc pas à un renouveau, mais à une fermeture encore plus forte de la diversification sociale des députés".

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