A Lyon, la Coordination Urgence Migrants poursuit son action tant bien que mal durant l'été

10 juillet 2015 Par

© 2015 Philippe Lansac - Depuis la fin de l'hiver les migrants sont aidés par CUM

Depuis la fin de la trêve hivernale CUM prend en charge plusieurs familles de migrants venus de l'Est. Une action nécessaire mais difficile à organiser à long terme.

Dans son petit bureau de la Maison Saint-Jean-Baptiste à Lyon, le Père Bruno-Marie Duffé enchaîne les coups de téléphone. Ce matin une jeune femme hébergée provisoirement à Craponne a été arrêtée et conduite au centre de rétention administrative avant son expulsion. Le vicaire épiscopal Famille et Société appelle le mari pour le rassurer, s'inquiète de l'état de santé de la dame, s'organise pour lui apporter sa valise, des médicaments...
 

CUM demande un ultime examen des dossiers

Depuis la fin de la trêve hivernale, la douzaine d'associations qui compose CUM se démène pour aider ces migrants venus d'Albanie, du Kosovo ou Roms. Expulsés en avril d'un campement à Bron, hébergés une nuit à l'abri du pélerin de Fourvière, ils avaient bénéficié d'un mois de répit dans des locaux industriels à Décines.
Début juin, il fallu à nouveau quitter les lieux. Une partie des migrants a accepté l'offre de la préfecture du Rhône pour rentrer au pays, mais tous ne sont pas partis, ils courent désormais le risque d'être expulsés, comme la jeune femme arrêtée il y a quelques jours. Pour eux, CUM veut demander un ultime examen des dossiers. "On travaille dossier par dossier, famille par famille, indique le Père Duffé. La grande difficulté pour nous c'est d'être dans cet entre deux, entre des procédures que nous respectons et des situations qui demandent beaucoup d'attention, de délicatesse parce que ce sont des gens qui sont très marqués."
 

Un abri temporaire à Craponne

Parallèlement à l'aide administrative, les bénévoles de CUM assurent aussi le quotidien : un toit, de la nourriture, des soins médicaux. Sur les 50 migrants pris en charge en ce début juillet 2015, une trentaine est abritée dans une maison paroissiale à Craponne. Pour la vingtaine d'autres, la Coordination a loué des emplacements dans les campings. Une solution provisoire puisqu'avec l'été, les migrants vont devoir laisser la place aux vacanciers...
Impossible de dire maintenant ce qu'il va advenir de ces migrants.  "Nous sentons que notre action a des limites, reconnaît le Père Bruno-Marie Duffé. On ne pourra pas tenir au dela de la rentrée." La scolarisation des enfants reste pourtant l'une des priorités. "D'abord parce que les enfants ont droit à une protection. Et c'est l'une des clés de l'intégration de ces familles."

Les migrants ont besoin d'aide

Aujourd'hui les réserves s'épuisent. "Nos caisses sont à sec, explique le Père Duffé. On pompe dans nos réserves, mais on ne pourra pas faire cela longtemps." En avril dernier il avait déjà lancé un appel pour récolter des fonds, des matelas et des couvertures. Un appel largement entendu par les lyonnais. "Nous avons été touché par cet élan de solidarité, souligne le prêtre. Nous avons reçu plusieurs milliers d'euros, des dons qui ont permis de soigner des bébés, d'acheter des médicaments, de la nourriture..."
Cet été, alors que plusieurs structures d'aide alimentaire seront fermées, il dit avoir des pistes pour trouver du ravitaillement. Mais les migrants ont encore besoin d'aide, d'un peu d'argent mais pas seulement. "Nous avons besoin de visiteurs, qui passent voir ces migrants, qui prennent un peu de temps pour dessiner avec les enfants, parler avec les parents, c'est très important..."

Pour aider ces famille, vous pouvez contacter CUM http://www.coordination-urgence-migrants.org