Malaise dans l'agriculture

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Le Temps de le dire

mercredi 3 février 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Thierry Zoccolan / AFP - Le 01/02/2016, des agriculteurs manifestent contre la baisse des prix de leurs produits à Moulins (Allier)

Alors que de jeunes agriculteurs endettés se sentent sombrer, des néo-paysans font le choix d'un retour à la terre. Quel modèle d’agriculture pour demain? On en parle avec Stéphanie Gallet.

Hier, mardi 2 février 2016, le mouvement des agriculteurs s’est poursuivi. Blocage de route, occupations de grandes surfaces et parfois affrontements tendus avec les forces de l’ordre. Les éleveurs en tête et une grande partie de la profession agricole n’en peuvent plus de dénoncer la baisse de leurs revenus. 25.000 exploitations seraient proche du dépôt de bilan. Les baisses des cours, la concurrence exacerbée mais aussi une mauvaise structuration de la profession ont mis à plat des familles qui voient depuis des années leur situation se dégrader. Une véritable descente aux enfers pour certains.

Non pas une crise mais des crises. Les agriculteurs subissent de plein fouet une crise des matières premières, dont la courbe est indexée sur celle du pétrole actuellement au plus bas. L'embargo russe a aussi un impact direct sur l'exportation des formages. Habituellement ce sont 30% des fromages européens qui partent vers le marché russe. A cela s'ajoutent les incertitudes liées au marché chinois qui achète moins de lait. Dans ce contexte tendu s'ouvre le 27 février le Salon de l’agriculture à Paris. Un véritable événement pour les acteurs d'une filière complexe mais qui - fait étonnant - continue à attirer des jeunes de tous horizons.

Il existe pourtant des paysans heureux. Marcel Jolivel, agriculteur invité de Stéphanie Gallet, en témoigne. Pour Patrice Moyon il y a en effet "des sytèmes qui s'en sortent bien". Et parmi eux le journaliste cite ceux qui ont fait le choix de la qualité comme par exemple "les producteurs de Comté" ou ceux qui se sont mis au bio. "Ceux qui ont fait le choix de systèmes plus autonomes, herbagers, moins dépendants de l'extérieur et dont les performances économiques sont meilleures que ceux qui ont choisi parfois un agrandissement mal maîtrisé", explique Patrice Moyon. D'ici cinq à dix ans, "la moitié des fermes vont changer d'exploitants" souligne Marc Jolivel. Des perspectives de renouvellement dans un contexte complexe d'accès au foncier difficile.

Phénomène non négligeable, 30% des installations agricoles qui se font chaque année sont celles de "néo-paysans", comme on les appelle. Ils ne sont pas issus du monde de l'agriculture, ce sont des urbains qui ont fait le choix de "quitter une vie hors sol" et qui affichent des visages de paysans heureux. Pour Gaspard d'Allens, ce mouvement de retour à la terre n'a rien à voir avec "une contre-culture". Les néo-paysans "sont des gens qui veulent s'enraciner et faire vivre le pays" au sens premier - noble? - du terme de paysan. "C'est sur les paysans que reposera demain l'avenir de l'humanité", observe Patrice Moyon.

Invités

  • Marcel Jolivel , exploitant agricole

  • Patrice Moyon , journaliste à Ouest France, spécialiste du monde agricole

  • Gaspard d'Allens , journaliste à Reporterre

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.