Malgré le Brexit, Theresa May veut conserver des liens étroits avec l'UE

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Le Grand Invité

mercredi 18 janvier 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© LEON NEAL POOL AFP

Theresa May s'est donc prononcée en faveur d'un Brexit dur, une "rupture claire et nette". Reste maintenant à mettre en oeuvre le départ de la Grande-Bretagne du marché commun européen.

Ce sera donc un Brexit clair et net. C’est ce qu’a annoncé hier Theresa May. La Première ministre britannique a prononcé son discours consacré aux futures négociations sur la sortie de l’Union Européenne. Les Européens semblent inquiets de ce Brexit dit dur qui se veut en fait complet et rapide. Il semble pourtant qu’au lendemain du vote des Britanniques, l’Union européenne se soit prononcé en faveur d’une sortie rapide de la Grande-Bretagne du marché commun européen.

"Les diplomates et les chefs d’entreprise européens ont salué la clarté du discours de Theresa May mais ils estiment que le choix d’un Brexit dur nuira au Royaume-Uni" analyse Sophie Loussouarn, spécialiste de l'histoire politique et économique du Royaume-Uni. Elle ajoute que "le président du Conseil européen, Donald Tusk, estime que c’est un processus triste mais que c’est une annonce réaliste et que les 27 pays restants de l’Union européenne sont prêts à négocier lorsque Theresa May aura déclenché l’article 50 d’ici à la fin du mois de mars prochain".

Se pose désormais la question du rapport de force entre le Royaume-Uni et les 27. "L’objectif de Theresa May est de contrôler l’immigration et de restaurer la souveraineté nationale. Elle veut le meilleur rapport pour le Royaume-Uni et elle souhaite que son pays reste un environnement attractif pour les investisseurs et les étudiants. Le Royaume-Uni quittera le marché unique. Pour l’instant, elle prévoit de rester dans l’Union douanière. Mais on voit mal comment elle réussirait à ratifier des accords de libre-échange, avec la Chine par exemple, tout en restant dans l’Union douanière" ajoute cette spécialiste.

Theresa May souhaite donc quitter l’Union européenne, tout en demeurant le meilleur ami de l’UE. "Elle souhaite conserver des liens très étroits avec l’Union européenne, notamment sur des accords commerciaux, mais également des accords de défense. Elle menace, si elle n’obtient pas le meilleur accord pour son pays, de baisser les impôts sur les sociétés au Royaume-Uni afin de faire de son pays une espèce de Singapour européen" précise Sophie Loussouarn qui ajoute que Londres est une plaque tournante qui a toujours les moyens d’attirer des entreprises au Royaume-Uni, notamment les investisseurs du Moyen-Orient.

Il s’agit donc d’une espèce de chantage. Et de fait, beaucoup craignent que les futures négociations ne soient en fait qu’une série de chantages exercés, dans les deux camps. "Ils vont engager des négociations pour trouver le meilleur accord. On peut estimer que le Royaum-Uni aura du mal à être aussi fort en-dehors de l’Union européenne. Ce discours était donc un discours pour satisfaire l’électorat qui a voté en faveur du Brexit, et tenter de calmer le jeu avec les Ecossais et l’Irlande du Nord » conclut la spécialiste de l'histoire politique du Royaume-Uni.

 

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