Mali : un attentat suicide fait une cinquantaine de morts à Gao

19 janvier 2017 Par

Un kamikaze a causé la mort d’une cinquantaine d’anciens rebelles et membres de groupes armés pro-gouvernementaux, dans le nord du Mali.

Le dernier bilan provisoire fait état de 47 morts et au moins 115 blessés. C’est le résultat d’une attaque suicide qui a eu lieu mercredi 18 janvier, dans un camp de regroupement d’anciens rebelles et de membres de groupes armés progouvernementaux. Le kamikaze a fait exploser sa voiture en plein milieu de ce camp. Un deuil national de trois jours a été décrété.

Plus qu’un camp, c’est un symbole d’unité nationale et de paix qui a été frappé au Mali. Ce camp abritait des troupes du gouvernement, des membres de plusieurs groupes armés, qui effectuaient des patrouilles conjointement dans la ville de Gao, en vertu de l’accord d’Alger en mai et juin 2015, signé par le gouvernement malien, des mouvements armés et la Coordination des mouvements de l’Azawad.

Un attentat qui montre également que malgré la réussite de l’opération Serval, lancée en 2013 par l’Armée française, et qui aura permis de chasser en grande partie les groupes jihadistes du Nord-Mali, ces derniers conservent un pouvoir de nuisance dans cette région du pays. Depuis plusieurs mois, ils ont revendiqué plusieurs attaques à l’engin explosif, contre les forces militaires locales et internationales.

Cette attaque survient quelques jours seulement après la fin du 27ème sommet Afrique-France organisé à Bamako en présence d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont François Hollande, qui s’est également rendu à Gao pour rendre visite aux soldats français déployés dans le cadre de l'opération Barkhane. 

Le point sur la sécurité au Mali avec Philippe Hugon, directeur de recherche à l'IRIS, en charge de l'Afrique: