Marseille va-t-elle perdre plusieurs millénaires d'histoire ?

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Emission Spéciale

jeudi 22 avril à 0h07

Durée émission : 120 min

Marseille va-t-elle perdre plusieurs millénaires d'histoire ?

© Savva Motovilov sur Unsplash

Alain Nicolas est archéologue et anthropologue. Avec plusieurs chercheurs ils adressent une lettre à Emmanuel Macron pour autoriser des fouilles sur le chantier de la Porte d'Aix.

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On dit qu'à Marseille, comme dans toutes les villes millénaires, on ne peut pas faire un trou dans le sol sans tomber sur sur le tibia de César comme disait Jean-Claude Gaudin. Malgré cette richesse historique, de nombreux chantiers sont en cours sans que des fouilles soient organisées. 

Dans le centre ville, près de la Porte d'Aix, un grand chantier a démarré et verra bientôt sortir de terre des cités universitaires et des bureaux. Les permis de construire, obtenus par les entreprises sous la précédente équipe municipale ne peuvent pas être révoqués par la nouvelle mairie.

Benoît Payan a d'ailleurs appelé à la tenue d'une table ronde avec les acteurs du chantier de la Zac Saint Charles par Euroméditerranée pour répondre aux interrogations des riverains.  

L'Histoire sous nos pieds 

Aucun sondage, ni fouilles archéologiques, n'ont été autorisés alors que ce quartier abrite de nombreux artefacts et vestiges millénaires, comme l'a déjà montré le rapport officiel de l'INRAP en 2007 : "La fouille du boulevard Nédélec, au centre d’Euroméditerranée, a livré les vestiges d’une importante occupation préhistorique (période néolithique et chasséenne), des traces agraires d’époque hellénistique et romaine et les soubassements de la raffinerie royale de soufre et de salpêtre de Marseille. Des populations néolithique, grecque et moderne s’y sont succédé durant huit millénaires." (p26). 

Plusieurs archéologues, chercheurs et scientifiques ont adressé une lettre au président Emmanuel Macron pour intervenir et finalement autoriser des fouilles et éviter à tout prix cette perte potentielle.

Alain Nicolas fait partie de ces scientifiques, archéologues et anthropologues il appelle les pouvoirs publics à se mobiliser. Conscient que la nouvelle municipalité a les mains liées, il avait déjà écrit au Ministère de la culture qui ne lui avait fait "aucune réponse". C'est maintenant dans les mains d'Emmanuel Macron. 

Fondateur et ancien directeur du musée d'histoire de Marseille et du Musée des arts Africains, Océaniens et Amérindiens à la Vieille Charité, il est révolté par le droit de réserve imposé aux archéologues en charge d'approuver le chantier. "Ils doivent dire ce qu'on leur dit de dire et oublier ce qu'on leur demande d'oublier ou de ne pas voir." 

Un chantier controversé 

Le chantier soulève d'autres protestations, notamment écologiques et géologiques. Les futures constructions vont amputer la place de son dernier espace vert, tandis des écoulements d'eaux souterraines ont déjà été remarqués, faisant craindre une instabilité des sols.   

 

Invités

  • Alain Nicolas, Archéologue et anthropologue

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