Mgr Barbarin: "On ne peut pas inscrire le droit de donner la mort dans une loi française"

© Sedicom Lyon

Ce mardi 10 mars la proposition de loi sur la fin de vie est examinée au Parlement. A cette occasion, cinq représentants des trois grandes religions monothéistes prennent la parole.

Ce mardi 10 mars, après-midi les députés vont entamer l’examen d’un texte très attendu: la proposition de loi sur la fin de Vie. Coécrite par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Léonetti (UMP) dans le but de renforcer la loi Léonetti de 2005, notamment le recours et l’accès aux soins palliatifs, elle n’autorise ni euthanasie, ni suicide assisté. Elle instaure en revanche un droit à une sédation "profonde et continue" jusqu’au décès pour les malades en phase terminale après une décision collégiale de médecins. Elle rend également contraignantes les directives anticipées.

Si la Société française de soins palliatifs salue ce texte - elle estime qu’elle "répond précisément aux attentes des Français", sans pour autant faire droit à des formes d’aide active à mourir - le collectif "Soulager mais pas tuer", en revanche, redoute que le texte Leonetti-Claeys ne favorise de façon systématique et déshumanisée l’application de protocoles de fin de vie anesthésiques.  Le collectif manifestera demain non loin de l’Assemblée.

Un avis que partagent les représentants des religions, catholiques, protestants, orthodoxes, juifs et musulmans. Dans une tribune dans le quotidien Le Monde d’hier, leurs représentants marquent leur opposition à l’emploi de la sédation dans le but de donner la mort. Il s'agit de Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon ; François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France ; Mgr Emmanuel, métropolite de France, président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France ; Haïm Korsia, grand rabbin de France ; Mohammed Moussaoui, président de l'Union des mosquées de France, président d'honneur de la CFCM.

Ecoutez la réaction de Mgr Philippe Barbarin au micro de Philippe Lansac.

00:00

00:00

De son côté, Mgr Pierre d’Ornellas, président du groupe de travail sur la fin de vie de la conférence épiscopale, a réaffirmé au cours d’une conférence de presse le soutien de l’Eglise au développement des soins palliatifs. L'archevêque de Rennes a aussi émis des réserves sur la sédation profonde, demandant à ce quelle soit mieux définie et encadrée.