Mgr Brunin: "Séparer doctrine et pastorale est un non sens"

L'indissolubilité du mariage rappelée, le souhait d’une pastorale plus miséricordieuse également. Au micro de Benjamin Rosier, Mgr Jean-Luc Brunin fait le point sur le synode sur la famille.

Le Synode sur la famille commence véritablement maintenant, avec les travaux portant sur la troisième partie de l'Instrumentum Laboris. L'un des points centraux qui émerge à ce jour est la "vocation sociale" de la famille. Deux propositions fortes semblent émerger: la lecture priante de la parole de Dieu – la lectio divina en famille – ainsi qu’une préparation au mariage plus dense, en particulier l’idée d’un "catéchuménat" pour les couples qui se préparent au mariage. Pour Mgr Brunin: "La famille chrétienne est appelée à témoigner de sa foi, l'Eglise doit les aider à porter ce témoignage, en s'engageant dans les paroisses notamment, mais aussi à porter ce témoignage dans une autre dimension de sa vocation qui est d'être la cellule de base de la société".

Miséricorde et Vérité. Au travers d’interventions sur la question du rapport entre la miséricorde et la vérité ou la justice dans le sens de l’obéissance à la loi, on voit émerger deux écoles de pensée, note un observateur: sur un plan pastoral, la miséricorde doit-elle être première au regard de la vérité ou l’inverse? La majorité des interventions des pères synodaux exprime en tout cas le souhait d’une pastorale plus miséricordieuse, à la suite du pape François. La troisième partie de l’Instrumentum laboris, consacrée à la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde, concentre donc un très grand nombre d’interventions, dont les premières ont déjà évoqué samedi en fin de matinée la question de l’accès à la communion des divorcés-remariés.

"L'Eglise doit pouvoir témoigner
auprès de ce qui s'engagent dans le mariage
que le pour toujours est possible
avec la grâce de Dieu."

L'indissolubilité du mariage très vite abordée. Jusqu'à présent les pères synodaux n’ont pas fait de nombreuses propositions concrètes mais la question de l’indissolubilité du mariage sacramentel est revenue dans plusieurs interventions. Pour Mgr Brunin, en effet, "on sent la crainte chez certains pères synodaux qu'une attitude d'ouverture risque d'affaiblir la doctrine". Cependant, le souverain pontife a rappelé que l'indissolubilité est l'une des dimensions du mariage. "Elle n'est pas un fardeau ajouté à un couple qui s'engage dans une vie commune, mais c'est une dimension intrinsèque de l'engagement dans l'amour", explique l'évêque du Havre.