Mgr Pascal Wintzer: "Le Front National n'est pas un parti comme les autres"

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Le Grand Invité

lundi 1 mai 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC - Mgr Pascal WINTZER (2011)

L'évêque de Poitiers a pris position contre le vote Le Pen au 2è tour. Mgr Pascal Wintzer répond aux questions de François Ballarin.

Si l'Eglise de France a rappelé après le 1er tour les éléments de discernement pour le prochain tour de scrutin présidentielle, elle n'a pas appelé clairement comme en 2002 à faire barrage au Front national. Pour Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, on peut comprendre cette prudence. "Prendre une position par rapport à un choix politique c'est risquer de divisier les communautés chrétiennes."
 

"L'église peut rassembler des gens qui votent différement"

Pour autant, à titre individuel, Mgr Wintzer est clair: il ne votera pas pour Marine Le Pen, candidate du Front National. Une prise de position en dehors de l'assemblée dominicale, mais assumée dans les médias ou sur compte twitter."J'ai décidé de dire mon choix et les motivations pour lesquelles je ne peux pas voter FN. Mais je comprends qu'une telle prise de position peut heurter des catholiques qui ne comprennent pas qu'un évêque s'exprime dans ce domaine." Il ajoute " L'Eglise peut rassembler des gens qui votent différement."

 

"J'ai le sentiment (en écoutant les propos du FN) que la solution qui désigne des coupables - l'Europe, les migrants, l'oligarchie - et dire 'dégageons-les' est simpliste."

 

"la solution ne peut pas être simpliste"

Mais la réponse politique aux difficultés de la France est-elle celle de la fermture des frontières, du repli sur soir? "Nous vivons dans un monde interdépendant, rappelle l'archevêque de Poitiers, et les défis de la France sont les mêmes pour les autres pays". Le développement des pays du Sud engendre une "concurrence" et un échange de produits et de personnes entre pays. "C'est une réalité, comment y faire face?"

Pour Mgr Wintzer la solution ne doit pas être simpliste ni populiste. "J'ai le sentiment (en écoutant les propos du FN) que la solution qui désigne des coupables - l'Europe, les migrants, l'oligarchie - et dire 'dégageons-les' est simpliste." Il précise "C'est mon devoir de dire cela: le Front National n'est pas un parti comme les autres."
 

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

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François Ballarin