Mgr Ribadeau-Dumas: "le pape François et Emmanuel Macron ont des intérêts communs"

26 juin 2018 Par

Emmanuel Macron et le pape François se sont entretenus pendant près d'une heure, mardi 26 juin, au Vatican.

A l'occasion de cette visite, Pauline de Torsiac a interrogé Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des Evêques de France (CEF).

Parmi les enjeux de la rencontre, l’avenir de l’Europe sur fond de crise migratoire.

"Le pape François a eu l’occasion à plusieurs reprises de parler de l’Europe, de regretter que cette Europe soit une vieille dame, car il croit en l’Europe. Il croit aux valeurs qu’elle incarne. C’es un pivot pour le monde d’aujourd’hui, et je crois que le président de la République française partage cette vision d’une Europe renouvelée au service du monde" explique à ce sujet Mgr Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des Evêques de France.
 

Crise des migrants, bioéthique. Ce sont des points sur lesquels pourrait insister le pape François ?

"Je ne sais pas. Mais nous savons bien que la question des migrants est au cœur des préoccupations du pape, demandant aux peuples de pouvoir accueillir largement ceux qui fuient leur pays. Et en même temps, on voit bien dans Laudato Si’ comment le pape François développe une écologie intégrale, qu’il prend l’homme dans toute sa dimension, du début à la fin de sa vie, avec tout ce qui est au milieu. Ce qui implique les questions de début et de fin de vie, mais aussi les questions de conditions sociales" ajoute Mgr Ribadeau-Dumas.
 

Ont-ils des points communs ?

"Ils ont des intérêts communs. Des cultures différentes. Mais ils ont le souci que notre monde soit un monde pacifié, et ils ont conscience que les sociétés sont fracturées. Le président de la République a dit à plusieurs reprises combien il voulait que la société française soit apaisée. Le pape a le souci aussi que le monde entier retrouve un apaisement" précise le porte-parole de la CEF.
 

Comment définiriez-vous le rapport d’Emmanuel Macron aux catholiques ?

"Je crois que cet homme est un homme pour lequel la question du sens prend un relief tout particulier. On le voit bien quand il parle de la manière dont Paul Ricoeur a eu une influence sur lui. Et du coup, la recherche de sens, de la profondeur de l’existence est quelque chose d’essentiel. Je retiens de son discours aux Bernardins le 9 avril dernier cet appel pour que les catholiques puissent avoir leur place dans deux dimensions particulières : la question de la cohésion nationale et la question du sens. Notre sagesse peut inspirer un projet social pour l’ensemble des Français" lance Mgr Ribadeau-Dumas.
 

Les catholiques avaient-ils besoin de cette reconnaissance ?

"La question n’est pas le besoin, mais la reconnaissance d’un état de fait. Je retiens de l’action et des paroles du président de la République la reconnaissance de la place des religions dans notre société. Parmi ces religions, la place du catholicisme dans la société française, et du rôle que jouent les catholiques aujourd’hui. Cela me paraît important de rappeler que même si notre pays n’est plus si marqué qu’il ne l’était autrefois par le catholicisme, il y a encore près de 40 millions de nos contemporains qui se disent catholiques. Et l’intérêt que les Français manifestent aujourd’hui pour la visite du président de la République au Vatican montre bien que tout cela n’a pas disparu" conclut Mgr Olivier Ribadeau-Dumas.
 

Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des Evêques de France, au micro de Pauline de Torsiac:

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