Migrants: l’Union européenne veut fermer la route des Balkans

7 mars 2016 Par

Nouvelle étape dans le règlement de la question migratoire. Les 28 chefs d’Etat européens sont réunis à Bruxelles, avec la Turquie, et pourraient bien fermer la route des Balkans.

Un sommet qui pourrait marquer un véritable revirement dans la position européenne, au sujet de la crise migratoire. Face à l’afflux ininterrompu de migrants, les 28 chefs d’Etat européens sont réunis lundi 7 mars à Bruxelles, afin d’évoquer avec la Turquie une éventuelle fermeture de la route des Balkans.

Depuis plusieurs semaines, les tensions sont très vives entre le continent européen et la Turquie, l’Europe estimant que les autorités turques n’ont pas fait d’efforts pour endiguer le flux migratoire. De son côté, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, a affirmé que son pays avait fait des « pas importants » pour respecter sa part du « plan d’action », signé en novembre dernier avec l’UE.

Les migrants, qui déferlent sur l’Europe depuis plusieurs routes, utilisent notamment la Turquie pour rejoindre la Grèce, puis, de là, les Balkans, et l’Europe occidentale. Ce à quoi Bruxelles veut mettre un terme. « Le flux des migrants irréguliers le long des Balkans occidentaux arrive à son terme » est-il notamment écrit dans le projet de déclaration finale du sommet en cours.

Cette réunion aura également pour but de rétablir une discipline de groupe au sein de l’Union européenne, plus divisée que jamais face à la question du million et demi de réfugiés présents sur le continent. De nombreux pays ont en effet refusé le principe  de répartition de 160 000 réfugiés, accepté en septembre pour soulager la Grèce et l’Italie.

En parallèle, Bruxelles doit également débloquer une aide exceptionnelle de 700 millions d’euros, répartis sur trois ans, dans le but d’aider la Grèce, par ailleurs plongée dans une crise économique sans précédent, à mieux contrôler sa frontière extérieure, qui représente également la frontière européenne de ce côté-là de la Méditerranée.

Jean Marcou, professeur à Science Po Grenoble et spécialiste de la Turquie: