Handicap International alerte sur les bombes à sous-munitions

L'ONG rend public jeudi 1er septembre un rapport sur l'utilisation des bombes à sous-munitions. Malgré la convention d'Oslo qui les interdit, ces armes sont encore largement utilisées.

Syrie, Yémen, Soudan, Ukraine, Libye, autant de pays concernés par les bombes à sous-munitions (BASM). Handicap International recence, dans son rapport publié jeudi 1er septembre, les utilisations, les stocks et la fabrication de cet armement terriblement destructeur. La bombe à sous-munitions se présente sous la forme d'un conteneur, par exemple un obus, une roquette ou un missile. A l'intérieur, des mini-bombes explosives, les sous-munitions, sont dissimulées pour multiplier les dégâts. En 2015, cette arme a touché des civils dans une écrasante majorité (97% selon le rapport). Le document note que sur ces victimes, plus d'une sur trois est un enfant. Le risque ne concerne pas seulement les bombardement. Près d'une bombe à sous-munitions sur deux (40%), n'explose pas tout de suite mais reste active. Elles devienenent donc une menace du même ordre que les mines anti-personnel. 

Entre janvier 2015 et juillet 2016, ce type d'armement a été utilisé dans cinq états, la Syrie, le Yémen, le Soudan, l'Ukraine et la libye ; ainsi que dans le territoire du Haut-Karabagh, entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, selon le rapport de Handicap International.  Depuis 2012, la Syrie a même fait face à 360 attaques à la bombe à sous-munitions. "L’utilisation répétée de sous-munitions en Syrie et au Yémen montre l’absence totale de considération pour la vie des civils et, dans certains cas, la volonté délibérée de les cibler", s'alarme Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International. "Des hôpitaux, des écoles, des marchés sont touchés par ces bombes", enchaîne Marion Libertucci, responsable du plaidoyer à Handicap International. La production de BASM se fait en Russie, en Israël et en Chine notamment. Mais une soixantaine de pays stocke encore ce type d'armement. Les Etats-Unis, s'il n'en produisent actuellement pas, ne s'interdisent pas de le faire dans le futur. Ils conservent d'ailleurs 3 millions de bombes de ce type. 

La réaction de Marion Libertucci, responsable du plaidoyer à Handicap International

En août 2010, la convention d'Oslo est entrée en vigueur. Signée par 119 pays, elle interdit l’utilisation, la fabrication, le commerce et le stockage des bombes à sous-munitions. Les états parties de la convention doivent également par obligation apporter leur aide aux victimes et déminer les zones contaminées. Point positif noté par le rapport : l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, signataires de  la Convention d’Oslo, ont récemment détruit la totalité de leurs stocks. "97 % des stocks détenus par les états signataires ont été détruits", se félicite Marion Libertucci. Handicap International lance donc un appel à la remobilisation quelques jours avant la conférence des États parties à la Convention d’Oslo qui se tient du 5 au 7 septembre à Genève. 

 

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