Nice: ce que l’on sait de l’attaque terroriste

15 juillet 2016 Par

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées jeudi soir, vers 22h30, sur la Promenade des Anglais. Un camion a foncé dans la foule qui assistait au feu d’artifice du 14 juillet.

Un 14 juillet qui passe en quelques heures du statut de fête, à celui de deuil national. Vers 22h30, alors qu’une foule nombreuse était amassée sur la Promenade des Anglais, comme chaque années, afin d’observer le feu d’artifice tiré au-dessus de la baie, un camion, ayant réussi à percer le dispositif de sécurité, a foncé dans le tas, causant un véritable carnage.

Ce semi-remorque blanc, d’une vingtaine de tonnes environ, selon les premières informations, et son chauffeur, auraient, selon un dernier bilan, provisoire, causé la mort de 84 personnes. Pour l’instant, 50 blessés sont en état d’urgence absolue dont une dizaine d'enfants et d'adolescents. On dénombre également une cinquantaine de blessés légers ainsi que 120 personnes en état de choc.

Une attaque d’une violence inouïe, au mode opératoire nouveau, dont le caractère terroriste "n’est pas à nier", selon les propres mots de François Hollande, qui dans son allocution, cette nuit, n'a pas hésité à employer de nouveau les mots de "menace islamiste". 

Selon des sources policières, le camion aurait cherché à faire un maximum de victimes, parcourant une distance d’au moins deux kilomètres. Toujours selon le parquet, le chauffeur du camion aurait ouvert le feu à plusieurs reprises sur les policiers qui le pourchassaient avant d’être finalement abattu.

Cet homme, un Franco-tunisien connu des services de police pour des actes de délinquance, n’était pas inscrit au fichier des personnes radicalisées. A bord du camion, les forces de l’ordre auraient retrouvé une grenade inopérante, ainsi que des armes longues factices, ainsi qu’une carte d’identité. L’auteur de cet acte pourrait être niçois. Quant au camion, il aurait été loué quelques jours auparavant dans le sud-est de la France.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu sur place dans la nuit, a déclaré que "nous sommes dans une guerre, avec des terroristes qui veulent nous frapper à tout prix. Cela implique de la part des services de l'Etat et du ministère de l'Intérieur notamment, une mobilisation extrêmement forte".

Ce qui pourrait être un nouvel attentat survient alors que le niveau de menace terroriste est toujours très élevé en France. L’état d’urgence, qui devait être levé le 26 juillet prochain, a finalement été reporté de trois mois, selon la déclaration du chef de l’Etat. François Hollande a également déclaré que la réserve opérationnelle serait mobilisée, que la force Sentinelle poursuivrait sa mission, et que les actions en Irak et en Syrie allaient être renforcées.

L'analyse de François-Bernard Huygue, directeur de recherche à l'IRIS :