Nigéria : un an après, toujours pas de nouvelles des 200 lycéennes enlevées par Boko Haram

14 avril 2015 Par

Il y a un an, Boko Haram lançait un raid dans la ville de Chibok au nord-est du Nigéria. Les jihadistes ont enlevé 276 jeunes filles, destinées à être mariées de force ou vendues.

A l’époque, le rapt de ces étudiantes nigérianes a suscité une indignation internationale, à travers le slogan « Bring back our girls » (ramenez nos filles). En France, des actrices, chanteuses et femmes politiques s’étaient jointes aux associations, notamment féministes, pour dénoncer l’enlèvement. Sur les 276 jeunes filles, 57 ont réussi à s'échapper ou ont été libérées. Pour les 219 restantes, aucune nouvelle.
Michèle Vianès est la présidente de Regard de femme, une de ces associations. Elle estime aujourd’hui que les terroristes ne sont pas les seuls responsables dans ce drame.


Lundi, Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise de 17 ans, dernière lauréate du prix Nobel de la Paix, s’est adressée aux étudiantes nigérianes dans une lettre ouverte. La jeune militante pour l’éducation et les droits des femmes veut apporter un message d‘espoir. Elle estime néanmoins que ni les dirigeants du Nigeria, ni la communauté internationale n’ont encore fait assez d’efforts pour aider les jeunes filles enlevées.

L’élection de Muhammadu Buhari le 31 mars dernier avait fait naître de l’espoir. Le nouveau président fait de la lutte contre la secte islamiste une de ses priorités. Pourtant mardi matin, le président Buhari, qui prendra ses fonctions le 29 mai, a déclaré qu’il ne pouvait pas promettre de retrouver les étudiantes.
L’Etat nigérian ignore toujours la localisation des victimes. Muhammadu Buhari doute que les étudiantes puissent être secourues. L’espoir semble donc retomber. Michèle Vianès, elle, ne croit pas non plus que les étudiantes nigérianes puissent être sauvées.


Toute la journée des commémorations ont lieu au Nigéria mais aussi à travers le monde. Une mobilisation qui va se poursuivre ce soir avec des veillées à la bougie et des prières à Abuja et Lagos notamment.