Nucléaire: 30 ans après Tchernobyl, la difficile transparence

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Le Temps de le dire

lundi 25 avril 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© P.RAZZO/CIRIC - Mars 2013, chaîne humaine organisée par le réseau "Sortir du nucléaire" à Paris

30 ans après Tchernobyl, et 5 ans après Fukushima, on a toujours du mal à obtenir plus de transparence sur les dangers du nucléaire. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986, n'a pas suffit à lever le silence sur les dangers du nucléaire. Il y a 30 ans, le réacteur n°4 de la centrale explosait, provoquant un incendie et un gigantesque nuage radioactif. Le 6 mai 1986, le ministère de l'Agriculture indiquait que la France était "totalement épargnée par les retombées de Tchernobyl", se souvient Michèle Rivasi. Selon l'UNSCEAR (Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives), 49 personnes à 56 personnes ont été victimes de Tchernobyl ; selon d'autres sources, le chiffre monte à 1 million... La députée européenne qui dénonce un "mensonge d'Etat" participera ce soir au rassemblement organisé par EELV à 19h Quai de Conti à Paris (à hauteur du Pont des Arts). "Ce soir on rend hommage aux victimes pour leur dire que l'on pense à eux."

Le nucléaire n'est pas une énergie comme les autres: elle peut tuer. Le développement du nucléaire s'est d'ailleurs fait par le militaire, "ce qui explique cette opacité", selon Michèle Rivasi. Ne pas informer pour ne pas alarmer et donc ne pas montrer qu'il y existe des mesures de pécaution et de prévention à avoir. L'accident de Techernobyl a eu lieu un samedi: dès le lundi, témoigne Yves Lenoir, une conférence de presse a été organisée dans les locaux de l'ONG Greenpeace à Paris. "Il y avait 70 journalistes et plusieurs chaînes de télévision", se souvient l'ingénieur, qui précise que le seul écho médiatique à cette conférence a été "30 secondes sur Antenne 2, et ensuite, tout a été verrouillé". Dès 1986, il y a eu un black out total sur les dangers du nucléaire.

Deux ans après Tchernobyl, en 1988, Yves Lenoir s'est rendu sur place, dans les districts les plus contaminés. Avec des médecins et des physiciens, ils ont relevé une augmentation des morts fœtales, des leucémies, des troubles cardiaques, beaucoup de pathologies thyroïdiennes, des vieillissements prématurés, des cataractes... "Toutes ces pathologies sont totalement ignorées dans la présentation des conséquences de Tchernobyl", constate Yves Lenoir. Et entre Tchernobyl et Fukushima (11 mars 2011), on constate que non seulement la désinformation continue mais que les exercices de prévention sont inexistants. D'où l'intérêt d'un contre-pouvoir, conclut Michèle Rivasi.

Invités

  • Michèle Rivasi , députée européenne, membre d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), fondatrice de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)

  • Yves Lenoir , ingénieur, spécialiste du nucléaire

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.