Pakistan: un attentat visant des chrétiens tue 72 personnes

29 mars 2016 Par

Un attentat revendiqué par les talibans pakistanais a tué 72 personnes dimanche, dans un parc populaire de Lahore, fréquenté par la communauté chrétienne pour Pâques.

Cela devait être un dimanche de Pâques comme un autre. Un dimanche où l’on célèbre la résurrection du Christ, passé de la mort à la vie. C’est pourtant ce jour qu’a choisi un kamikaze pour se faire exploser dans le parc Gulshan-e-Iqbal de Lahore, fréquenté par des familles, et de nombreux enfants. Au total, 72 personnes ont été tuées dans cette attaque revendiquée par une faction des talibans pakistanais.

Ce groupe dissident de la mouvance talibane traditionnelle a en effet déclaré lundi avoir voulu viser les chrétiens, qui célébraient Pâques. "Nous avons perpétré l’attentat de Lahore car les chrétiens sont notre cible" a notamment indiqué un porte-parole du groupe taliban pakistanais Jamaat-ul-Ahrar. Dans cet attentant, on estime entre dix et quinze le nombre de chrétiens à avoir perdu la vie. Une tuerie qualifiée d’ »horrible massacre » par le Vatican.

Un attentat qui vient rappeler que les 2 % de chrétiens qui composent la population pakistanaise continuent d’être victimes de nombreuses discriminations, quand il ne s’agit pas de persécutions, comme l’attentat de Lahore vient une fois encore de le prouver. Selon l’agence d’information du Vatican Fides, on estime à 700 le nombre de chrétiennes enlevées chaque année dans ce pays, afin d’être converties et mariées de force à des musulmans. L’histoire d’Asia Bibi en est, là aussi, un bon exemple.

Lundi, le pape François appelait les autorités pakistanaises à faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour redonner sécurité et sérénité à la population, et en particulier aux minorités religieuses plus vulnérables". Les chrétiens ne sont pas les seuls persécutés. Les musulmans chiites, qui représentent 20 % de la population pakistanaise, subissent eux aussi, des attaques meurtrières. "Notre résolution à combattre le terrorisme devient plus forte à mesure que le lâche ennemi s’en prend aussi à des cibles vulnérables" a déclaré lundi le Premier ministre Nawaz Sharif, confirmant la difficile existence des minorités dans ce pays.