Pierre Servent: "il y a une interrogation sur la stratégie de Daech à Mossoul"

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Le Grand Invité

mardi 18 octobre 2016 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© AHMAD AL-RUBAYE AFP

​En Irak, l’offensive pour reprendre Mossoul a débuté lundi. Les troupes irakiennes, les forces kurdes, les milices et la coalition internationale encerclent la deuxième ville du pays.

Au moins 3 000 combattants du groupe Etat islamique seraient encore présents dans l’enceinte de Mossoul. A l’heure actuelle, personne ne peut prédire combien de temps durera cette bataille. "Je me garde toujours de faire des pronostics sur la vitesse des conflits, surtout quand on voit le nombre d’erreurs qui ont pu être commises ces dernières années à ce sujet" rappelle Pierre Servent, journaliste, écrivain, et expert en stratégie militaire.

 

Une pénurie de combattants

Ce dernier ajoute qu’à Mossoul, "il y a une interrogation sur la stratégie même de Daech. Ce dernier a deux possibilités : laisser ses combattants à l’intérieur de Mossoul pour qu’ils se sacrifient jusqu’au bout, ou retirer le maximum de combattants en ne laissant dans Mossoul que des snipers, des kamikazes et un grand nombre de mines et d’explosifs pour retarder la conquête de la ville, qui de toute façon, prendra du temps".
 
 

L'enjeu capital de la population

Les principales inquiétudes reposent sur le million et demi de civils encore présents dans Mossoul. "Du côté de la coalition conduite par les Américains, tous ces derniers mois ont été mis à profit pour recueillir des renseignements les plus précis possibles sur les positions de Daech, en essayant de discriminer les lieux civils des autres lieux. Il y a une précaution extrême sur la façon de faire des frappes. Combattre dans des grands sites urbains, c’est très compliqué. Encore plus avec l’Etat islamique qui va essayer d’utiliser cette population comme bouclier" analyse Pierre Servent.

 

Daech perd du terrain sur son territoire

La reprise de Mossoul représentera une défaite importante, et symbolique pour l’Etat islamique. Cependant, pour Pierre Servent, cela ne signe pas la fin de Daech en Irak. "Il y a encore des positions. La question est de savoir ce que vont devenir les combattants restants. Est-ce que Daech a compris que son califat est en train de se disloquer ? Ils ont perdu beaucoup de terrain, d’argent, de soldats, de matériel militaire. Il y a vraiment un affaiblissement de l’Etat islamique. En revanche, il y a une multiplication d’attentats à l’étranger, ce qui montre bien que Daech change de méthode pour répandre la terreur" conclut ce spécialiste.
 
 

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