[DOSSIER] Présidentielle, les programmes de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron

26 avril 2017 Par Valérie-Anne Maitre

© RCF - Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont candidat au 2e tour de la présidentielle

Jusqu'au 2e tour, la rédaction de RCF vous propose de comparer les programmes des candidats à l'élection présidentielle.

[EUROPE] Sortie de l'euro, Frexit... que proposent les deux candidats ? 

[ECONOMIE] Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont deux visions bien différentes de l'avenir économique de la France.

[SECURITE] Places en prison, déchéance de nationalité... analyse des programmes des candidats.

[FAMILLE] Allocations, GPA, PMA... que proposent les candidats en matière de politique familiale?

[TRAVAIL] Emploi, temps de travail, chômage, retraites... que proposent Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur ces questions?

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Présidentielle: ce que proposent les candidats sur le travail

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur le travail

Emploi, temps de travail, chômage, retraites... que proposent Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur ces questions? Décryptage avec Pauline de Torsiac

En ce 1er mai jour de la fête du travail, Pauline de Torsiac analyse ce que proposent les deux candidats à lélection en matière de travail.
 

La loi Travail et les 35h

Marine Le Pen veut retirer ce texte, alors qu'Emmanuel Macron, qui a été l'un des architectes de la "loi El Khomri" veut la maintenir et aller un peu plus loin.  Son objectif est de favoriser les accords d’entreprise pour définir les conditions de travail.
Les deux candidats en revanche ne reviendront pas sur les 35h, mais Marine Le Pen autoriserait la négociation sur l’allongement du temps de travail exclusivement au niveau des branches professionnelles.
 

Le dossier des retraites

Marine Le Pen veut revenir à l'âge de départ à la retraite 60 ans. Ce serait 62 ans pour Emmanuel Macron qui propose également une refonte des différents régimes de retraites existants en un seul.
L’assurance chômage est aussi gros chantier pour le candidat d’En Marche. Il souhaite l’étendre aux indépendants, mais aussi permettre aux salariés qui démissionnent d’être indemnisés à raison d’une fois tout les 5 ans. La contrepartie de ces droits nouveaux sera un contrôle accru de la recherche d’emploi.
 

Le RSI

Très décrié le régime social des indépendants (RSI) est dans le collimateur des candidats. Emmanuel Macron souhaite le supprimer pour l’adosser au régime général. Marine Le Pen propose de le réformer en laissant le choix aux indépendants de s’affilier au régime social général ou de conserver la spécificité de leur régime.
 

Les syndicats

Marine Le Pen veut supprimer le monopole de représentativité des syndicats dans les entreprises dans les collimateurs les grandes centrales. Emmanuel Macron fait plusieurs propositions pour renforcer la représentation syndicat notamment dans les conseils d’administration.
Enfin, chacun des candidats a également ses propres mesures très symboliques. Comme encadrer les indemnités prud’homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse pour Emmanuel Macron pour donner de la visibilité aux entreprises. Ou mettre une taxe sur l’embauche de salariés étrangers afin d’assurer effectivement la priorité à l’emploi des Français pour Marine Le Pen.

[DOSSIER] Présidentielle, les programmes de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur "la jeunesse et l'éducation"

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur "la jeunesse et l'éducation"

Sur la question de l'éducation, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont le même objectif, mais pas avec les mêmes moyens.

Après le travail lundi, focus sur les thèmes de la jeunesse et de l'éducation. Au premier tour de l'élection, Marine Le Pen a convaincu 21% des 18-24 ans de voter pour elle. Elle arrive deuxième derrière Jean-Luc Mélenchon qui avait récolté 30% des voix au sein de cet électorat précis. Emmanuel Macron est quant à lui troisième avec 18% des jeunes conquis par ses idées, selon un sondage Ipsos. 

 

Priorité aux fondamentaux

Au chapitre éducation, les deux candidats ont le même objectif : donner la priorité à l'apprentissage des fondamentaux. Le "français, l'histoire et le calcul" pour Marine Le Pen et "Lire, écrire, compter" pour Emmanuel Macron. La candidate du Front national souhaite réserver la moitié du temps d'enseignement au français, à l'écrit comme à l'oral, à l'école primaire. La réforme des rythmes scolaires sera « repensée ». Pas de détails sur l'éducation prioritaire, sinon qu'il faudra « la repenser en profondeur ». 

De son côté, le candidat d'En marche veut diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 situées en réseaux d'éducation prioritaire. Il souhaite également recruter entre 4 000 et 5 000 enseignants. Quant à la réforme des rythmes scolaires, ce sera aux communes et conseils d'école de trancher en 2019 s'ils souhaitent conserver le modèle actuel, garder ou supprimer les activités périscolaires ou revenir à la semaine de quatre jours.

 

Des différences de fond sur le collège et l'université

Du côté du collège, une mesure du candidat d'"En marche !" a particulièrement retenu l'attention ces derniers temps, celle d'interdire l'usage des téléphones portables dans l'enceinte de l'établissement. Emmanuel Macron estime qu'une part "importante des inégalités se joue en dehors de la salle de classe". Il souhaite mettre en place un accompagnement qui reprendra le principe des "études dirigées", abandonnées en 2015 hors des zones prioritaires.

Elles seront assurées par des "bénévoles", retraités ou étudiants. Quant au baccalauréat, il sera réformé : un examen sur quatre disciplines en terminale et un contrôle continu pour les autres matières en première et terminale. Marine Le Pen veut quant à elle abandonner le collège unique et instaurer un "collège de détermination". Le but ? Permettre à certains élèves de choisir la voie de l'apprentissage dès leurs 14 ans. La candidate du Front national ne souhaite pas réformer le bac, elle milite pour sa pérennisation mais uniquement à condition qu'il "retrouve sa valeur". 

Il existe plusieurs points d'accords entre les candidats qui souhaitent tous deux mettre l'accent, sur l'apprentissage des fondamentaux et sur l'alternance. Ils veulent également réformer l'entrée à l'université qui devra s'effectuer par une sélection. Pour Marine Le Pen, il est nécessaire de "revoir les critères d'entrée à l'université, qui doivent mieux prendre en compte l'acquisition et la maîtrise des savoirs fondamentaux, le dossier scolaire et les résultats du baccalauréat". Pour Emmanuel Macron, l'inscription en faculté "nécessitera que certaines connaissances aient été acquises, soit au baccalauréat, soit par des cours d'été ou des modules complémentaires pendant un semestre universitaire". 
 

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur l'immigration

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur l'immigration

Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, on compte bien des points de différence en matière d'immigration.

Après le travail et l'éducation, place à la question de l'immigration. Et sur cette thématique, les deux finalistes de l'élection présidentielle mettent l'accent sur des points bien différents. C'est un sujet inscrit dans l'ADN du Front national, et les propositions de Marine Le Pen visent, dit-elle, à "en finir avec l'immigration incontrôlée". Du côté d'Emmanuel Macron, on est plus dans la philosophie générale que dans des mesures très précises. Avec l'intégration comme clé de voûte.

 

Retour aux frontières nationales pour le FN

Du côté du Front national, Marine Le Pen propose de privilégier les frontières nationales. La candidate frontiste en a fait l'un des fers de lance de sa campagne. Le Front national entend rétablir les frontières nationales et sortir de l'espace Schengen. Le parti d'extrême droite précise qu'un dispositif particulier pour les travailleurs frontaliers serait mis en place afin "de leur faciliter le passage de la frontière". 

Marine Le Pen souhaite également réduire l'immigration légale à un solde annuel de 10 000 personnes. La suppression du droit du sol est un autre argument largement exposé par le Front national. La nationalité française ne pourra s'obtenir que par filiation ou naturalisation à la majorité. Marine Le Pen veut restreindre les conditions de l'asile, durcir le regroupement familial et rendre impossible la régularisation des étrangers en situation illégale. Elle prévoit également l'expulsion automatique des criminels et délinquants étrangers. 

 

Emmanuel Macron mise sur l'intégration

De l'autre côté, le candidat d'En Marche ! mise sur une collaboration européenne et une simplification des processus administratifs. Emmanuel Macron dénonce une "efficacité illusoire" du retour aux frontières nationales, et mise plutôt sur une "action européenne". Il propose ainsi de renforcer une nouvelle Agence européenne de gardes-frontières et garde-côtes.  

Il promet également l'examen des demandes d'asile en moins de six mois, recours compris. Le candidat d'En Marche ! fait, en fait, de l'intégration la principale proposition de son programme sur l'immigration. Il souhaite la mise en place de programmes locaux d'intégration et d'apprentissage du français.

Autre point du programme Macron que l'on ne retrouve pas chez Marine Le Pen : la promotion de l'immigration de la connaissance. Le candidat d'En Marche veut alléger les procédures d'obtention des visas "talents", développer les visas de circulation pour les professionnels et simplifier l'accès au marché du travail pour les étudiants étrangers titulaires d'un master en France.

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur l'environnement

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur l'environnement

Les questions écologiques et environnementales, absentes du débat de mercredi soir, divisent pourtant Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Nucléaire et énergies renouvelables

Les questions environnementales et écologiques n'ont absolument pas été abordées lors du débat télévisé de l'entre-deux tours, mercredi soir. Ces problématiques divisent pourtant les deux candidats finalistes. Transition énergétique, agriculture, santé, Marine Le Pen et Emmanuel Macron prônent des mesures bien différentes. 

Principalement sur la question du nucléaire. Pas question de diminuer la part du nucléaire pour Marine Le Pen. La candidate FN est pour un grand "carénage", un énorme chantier pour rénover le parc nucléaire, dont le site de Fessenheim. Ce qui n'est pas le cas d'Emmanuel Macron. S'il est élu, ce dernier fermera la centrale alsacienne et maintiendra l'objectif de diminuer à 50% la part de l'atome à l'horizon 2025, mais le candidat n'est pas pour une sortie totale du nucléaire. 

La candidate du Front national envisage par ailleurs de développer les filières françaises des énergies renouvelables. A contrario, elle souhaite la mise en place d'un moratoire sur les éoliennes, dont elle n'est pas pour le développement. Le candidat d'En Marche ! veut multiplier par deux l'énergie verte (éolienne et solaire) avant 2022 et réduire ainsi le recours à l'énergie nucléaire. Un programme qui vise à faire de la France "le leader mondial de la recherche sur la transition environnementale", comme il est expliqué sur son site. 

 

En finir avec les perturbateurs endocriniens

Les deux candidats sont toutefois d'accord sur un point : l'interdiction de l'exploitation du gaz de schiste et les OGM sauf dans le cadre de la recherche. Ils prônent également tous les deux l'interdiction des pesticides et des perturbateurs endocriniens. Mais avec deux approches différentes.

Seul le Frexit, la sortie de l'Europe, peut sauver la France de la menace des perturbateurs endocriniens, pour la candidate du Front National. Tandis que pour Emmanuel Macron, le combat doit être mené au niveau européen. Le leader d'En Marche ! a un objectif, celui de placer "la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides".

 

Une agriculture basée sur les circuits courts

Par ailleurs, il veut imposer, avant 2022, que 50 % des produits proposés dans les cantines soient issus de l'agriculture biologique, écologiques ou en provenance de circuits courts. Marine Le Pen veut quant à elle la fin de l'agriculture intensive et le retour à une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Et ce par exemple en taxant moins les produits issus de fermes biologiques.

Du côté de l'agriculture, Marine Le Pen milite pour "un patriotisme économique appliqué aux produits agricoles français". Elle milite pour un soutien immédiat aux paysans et aux pêcheurs français. Elle souhaite transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française et veut refuser les traités de libre-échange.

Elle souhaite également la fermeture de la ferme des 1 000 vaches. De son côté, le candidat d'En Marche ! souhaite consacrer cinq milliards d'euros à la modernisation des exploitations agricoles. Il souhaite financer la transformation de celles-ci pour un impact positif sur l'environnement et le bien-être animal.

Dernier point enfin, c'est l'un des points phares du programme écologique d'Emmanuel Macron : renforcer les normes anti-pollution. L'ancien ministre de l'Economie alignera la fiscalité du diesel sur celle de l'essence et proposera une prime de 1 000 euros pour l'achat d'un véhicule plus écologique, neuf ou d'occasion. Il veut également fixer un prix plancher du carbone dans tous les pays de l'Union européenne. Quant à Marine Le Pen, elle mise beaucoup sur l'hydrogène pour faire rouler les voitures.

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur la laïcité

Présidentielle: ce que proposent les candidats sur la laïcité

Sur le sujet de la laïcité, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont de nombreux points de divergence.

Sur la laïcité, deux visions différentes qui s'opposent. Si Marine Le Pen veut en faire un instrument pour lutter contre le communautarisme, Emmanuel Macron, au contraire, considère la laïcité comme une protection de la liberté. C'est un sujet qui avait été abordé lors du premier débat télévisé avec tous les candidats à l'élection présidentielle.

 

Marine Le Pen prône une laïcité stricte

La tension s'était faite ressentir entre le candidat d'"En Marche !" et son adversaire du Front National, cette dernière affirmant qu'Emmanuel Macron défend le port du burkini, ce qui avait été le sujet polémique de l'été 2016. Ce à quoi il avait répondu que le sujet du burkini "n'a rien à voir avec la laïcité parce que ce n'est pas cultuel, c'est un sujet d'ordre public."

C'est en tout cas un thème très prisé par Marine Le Pen. Dans son engagement 95, la candidate d'extrême droite fixe un objectif large, sans donner de précision sur la mise en œuvre. Elle souhaite "rétablir la laïcité partout, l'étendre à l'ensemble de l'espace public et l'inscrire dans le code du travail".  Pour elle, la neutralité doit s'imposer à l'école et même dans les clubs de sport. Neutralité pour tout le monde à l'exception des personnels religieux (prêtres, rabbins, etc.).

Autant de mesures qui visent particulièrement les musulmans. La fragilité juridique d'une telle loi au regard du respect des droits fondamentaux et les difficultés pratiques que soulèverait sa mise en application rendent peu crédible cet engagement de campagne. Tous les cultes l'ont d'ailleurs fermement critiqué.

 

Une laïcité garante de liberté pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron défend quant à lui une laïcité qui est d'abord garante de la liberté de croire ou de ne pas croire et d'une égalité de traitement des religions. Son programme est assez détaillé en la matière, même si peu de changements sont annoncés. Le fondateur d'En marche n'envisage donc pas de limiter le port des signes religieux dans tout l'espace public, ni même à l'université ou sur le lieu de travail.

"Il ne faut pas refouler l'expression religieuse à la sphère privée", explique-t-il, car c'est la République qui est laïque et non la société. Pour lui, les religions ont leur rôle à jouer, elles prennent part aux débats publics sans empiéter sur le pouvoir politique. Il souhaite ainsi former les ministres des cultes aux valeurs de la République et renforcer l'apprentissage du fait religieux à l'école pour appliquer "strictement le principe de laïcité".

Il propose également des "formations à la laïcité" à tous les agents de l'administration, pour que "les services publics soient vraiment neutres", parce qu'aujourd'hui trop souvent dit il "la confusion règne sur le sens de la laïcité et ses limites". Quant aux entreprises, statu quo : le candidat préfère laisser "les entreprises régler les questions religieuses au travail".