[PORTRAITS] Ils aident les victimes du réchauffement climatique

Au Pérou, au Bénin, au Bangladesh, en République démocratique du Congo... ils sont témoins des effets du réchauffement climatique. Mais surtout, ils viennent en aide à ceux qui en sont victimes. Portraits d'écologistes engagés, proposés par Anne Kerléo et le Secours catholique - Caritas France.

Sukleash Costa: "Il faut contenir le réchauffement climatique en-dessous de 1,4 degré"

Sukleash Costa: "Il faut contenir le réchauffement climatique en-dessous de 1,4 degré"

Pour Sukleash Costa, partenaire du Secours catholique - Caritas France, venu du Bangladesh pour la COP21, il est vital de rester en deçà de l'objectif de 2 degrés affiché lors de la COP21.

Le Bangladesh, pays du sud de l'Asie, proche du golfe du Bengale, est déjà touché de plein fouet par les effets du réchauffement climatique. Montée du niveau de la mer, cyclones, hausse des températures: ces phénomènes ont commencé il y a une quarantaine d'années selon les anciens. Mais ils s'accentuent, ces dernières années, ils sont de plus en plus fréquents et imprévisibles. 

Sukleash Georges Costa, de la Caritas du Bangladesh, coordonne le projet Safbin, soutenu par le Secours catholique - Caritas France. Ce projet vise à accompagner les paysans pauvres pour faire face au changement climatique. Cela passe par tout un travail de conscientistation et de formation, des actions visant à atténuer les effets du réchauffement climatique et un travail de plaidoyer pour défendre les droits des paysans pauvres qui subissent les éffets de dérèglements climatiques dont ils ne sont pas responsables.

Ils appellent les leaders du monde à aller vers un accord qui prévoie de contenir le réchauffement climatique sous les 1,4 degrés et non 2 degrés. Sinon, explique-t-il, "nous n’aurons plus de riz: tous les champs de riz deviendront infertiles et nous seront confrontés à une énorme crise alimentaire".

Au Bénin, des techniques ancestrales pour lutter contre le dérèglement climatique

Au Bénin, des techniques ancestrales pour lutter contre le dérèglement climatique

Au nord du Bénin, la Caritas de Natitingou accompagne les paysans victimes du dérèglement climatiques. Au programme : planter des arbres et régénérer les sols. Le père Abraham en témoigne.

Le père Abraham Ghanaba est directeur de la Caritas du diocèse de Natitingou au nord du Bénin. Dans la région, en raison du dérèglement climatique, "l'agriculture devient décourageante" raconte-t-il. "Les paysans sont à la merci des saisons et ne comprennent pas ce qui se passe".

La Caritas du diocèse de Natitingou, soutenue par le Secours Catholique - Caritas France, leur propose de lutter contre la déforestation en plantant des arbes et les forme à la régénération des sols par des techniques traditionnelles: jachère, cultures alternées, couverture des sols, compost, choix de cultures adoptées aumilieu.

"La RDC doit contribuer à la lutte contre les effets du réchauffement climatique"

"La RDC doit contribuer à la lutte contre les effets du réchauffement climatique"

En RDC Henri Muhiya aide les agriculteurs, victimes directes du dérèglement climatique. Ils les aide aussi à ne pas y contribuer. Témoignage.

Henri Muhiya est le secrétaire exécutif de la commission épiscopale pour les ressources naturelles (CERN) de la conférence des évêques catholiques du Congo. A l'occasion de la COP21, le Secours catholique - Caritas France l'accueille à Paris. En République démocratique du Congo (RDC), il est témoin de la perturbation des saisons qui empêche les agriculteurs de faire leur travail. Mais aussi de la désertification, de l'intensification des pluies. Le Congo Kinshasa n'est pas épargné par le changement climatique.

Pour Henri Muhiya, les Congolais, et notamment les agriculteurs, sont victimes de ces changements sans forcément comprendre ce qui les cause. Ils n'ont pas n'ont plus conscience qu'en brûlant les arbres pour se procurer du bois de chauffe, ils contribuent à ce dérèglement. La CERN fait un travail d'information pous aider à la compréhension et à la lutte contre le dérèglement climatique. Elle mène aussi des études sur les liens entre les modes d'extraction des ressources naturelles et la pollution et fait un travail de plaidoyer auprès des autorités pour que les pratiques changent.

Adda Chuecas: au Pérou, aider les indigènes à protéger l'Amazonie

Adda Chuecas: au Pérou, aider les indigènes à protéger l'Amazonie

En Amazonie, Adda Chuecas et son association, soutenue par le Secours Catholique - Caritas France, aident les peuples indigènes à lutter pour la défense de leur milieu de vie.

Adda Chuecas est la directrice du CAAP, le Centre amazonien d'anthropologie et d'application pratique, une ONG créée par neuf évêques d'Amazonie péruvienne.  Le CCAP travaille avec les peuples indigènes du Pérou. Sa mission principale est de promouvoir les droits de ces peuples. Actuellement, le Secours Catholique - Caritas France soutient un projet du CAAP visant à protéger les droits de ces population en travaillant sur les conflits sociaux-environnementaux. 

Le bassin de l'Amazone contient plus de la moitié de la biodiversité mondiale, un cinquième de l'eau douce de la planète. La forêt amazonienne est le principal poumon de la planète. Mais la région voit aujourd'hui sa biodiversité entamée, elle est aussi confrontée à une pénurie d'eau douce et au réchauffement climatique. Les premières victimes de de tout cela sont les habitants de la région, notamment les populations indigènes dont l'alimentation et la vie sont affectées par la sécheresse, les inondations et les perturbations des saisons qui désorganisent l'agricultrure et l'élevage.

Pour protéger la région, les populations autochtones ont besoin de défendre leurs droits et en particulier d'obtenir une reconnaissance des territoires indigènes. Le CAAP les accompagne dans cette lutte et les aide également à développer des stratégies d'atténuation des effets du réchauffement climatique par exemple en définissant des zones agricoles et des zones protégées. Il les aide aussi à lutter contre la déforestation. Le tout en s'appuyant sur les savoirs ancestraux des peuples indigènes. 

Mgr Pedro Baretto, menacé de mort pour sa lutte pour la planète

Mgr Pedro Baretto, menacé de mort pour sa lutte pour la planète

Au Pérou, Mgr Pedro Baretto lutte contre les effet de l'exploitation minière sur l'environnement. Et sur les populations voisines. Témoignage.

Au cœur des Andes péruviennes, La Oraya est l'une des villes les plus polluées de la terre. La capitale minière de l’Amérique du Sud abrite une fonderie, alimentée par des mines de plomb, de cuivre, de zinc, d’or et d’argent. Le traitement de ces minerais détruit l’environnement et contamine les populations, qui s’empoisonnent peu à peu.

Depuis une douzaine d'années, l'évêque du lieu, Mgr Pedro Barreto, archevêque de Huancayo, lutte contre les effets de l’exploitation minière sur l’environnement et sur les populations, ce qui lui vaut d'avoir été menacé de mort. Forence Gault l'a rencontré. 

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