Présidentielle: Emmanuel Macron en tête chez les catholiques

10 mai 2017 Par

Les catholiques ont mis Emmanuel Macron nettement devant Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.

Alors que la Conférence des Evêques de France s'était refusée à choisir entre les deux finalistes, selon un sondage Ifop pour La Croix et Pèlerin, les catholiques auraient davantage voté en faveur d'Emmanuel Macron que de Marine Le Pen. Le candidat d'En Marche ! a obtenu 62 % des suffrages exprimés par l'ensemble des catholiques, voire même 71 % chez les pratiquants réguliers. Mais au-delà de cet instantané, l’étude révèle que les catholiques dans leur ensemble ont davantage voté Front National que la moyenne des Français. Avec une nette différence entre les pratiquants réguliers et les occasionnels. 

 

Mais le vote FN progresse chez les pratiquants

 Le vote Front National a ainsi progressé chez les catholiques pratiquants. 38 % de cet électorat a voté en faveur de la présidente du FN lors du second tour, soit quatre points de plus que la moyenne des Français. C’est l’inverse qui s'était produit lors des dernières élections régionales, départementales et européennes. C’est aussi près de deux fois plus qu’en 2002 où Jean-Marie Le Pen avait recueilli 17 % du vote des catholiques.

Ce qui ressort également du sondage de l’IFOP, c’est qu’une fracture très nette existe désormais entre le vote des catholiques pratiquants réguliers et celui des pratiquants occasionnels. 46 % d’occasionnels ont voté pour Marine Le Pen dimanche dernier, soit 12 points de plus que la moyenne des Français. À l’inverse, seuls 29 % des pratiquants réguliers ont voté Front National,  soit cinq points de moins que la moyenne.

 

Une droitisation de l'électorat catholique

Un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui s'est creusé davantage lors de ce scrutin. Lors des dernières élections européennes, en 2014, où le Front national était arrivé en tête il n’y avait encore aucune différence entre le vote FN des réguliers et des occasionnels. La fracture est apparue lors des élections départementales de 2015 où 10 % des pratiquants réguliers avaient voté en faveur du parti frontiste au second tour contre 30 % chez les pratiquants occasionnels. Un phénomène qui s'explique par une droitisation d’une partie des catholiques au cours du quinquennat Hollande, notamment sur les questions du Mariage pour tous, de la PMA, de la GPA et plus tard sur l’islam.
 
Rappelons qu’à l’issue du premier tour, François Fillon était arrivé en tête chez les catholiques pratiquants avec 46 % des voix, aussi bien chez les réguliers que chez les occasionnels. Le report des voix du candidat LR était donc très attendu. La moitié de l’électorat Fillon a finalement reporté ses voix sur Emmanuel Macron contre un quart sur Marine Le Pen, le dernier quart s’étant abstenu ou ayant voté blanc ou nul.