Primaire à gauche : "les candidats ne pourront plus jouer sur la peur du FN" explique Pierre Mathiot

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Le Grand Invité

mercredi 4 janvier 2017 à 7h50

Durée émission : 15 min

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© JOEL SAGET AFP

Sept candidats vont s’affronter durant la primaire de la gauche, dans l’espoir de devenir le représentant officiel de la gauche pour les élections présidentielles.

Un test de popularité pour la gauche en France

Benoît Hamon, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias sont en lice et ont dévoilé pour certains leurs programmes politiques.

Une primaire qui sonne avant tout comme un test de popularité, à quelques mois de la présidentielle, pour les membres d’un parti politique en déroute. "Le nombre de participants à la primaire est un signal assez intéressant permettant de savoir où en est le parti socialiste et ses alliés les plus proches" explique Pierre Mathiot, politologue, professeur à l’IEP de Lille.

Les candidats sont au nombre de sept, assez nombreux donc. L’objectif de cette primaire était pourtant initialement d’éviter les multiplications de candidatures. Si on ajoute Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, qui n’ont pas voulu y participer, on observe que le nombre de candidats à gauche est finalement assez important. "C’est le même nombre qu’en 2011 même si le casting est différent. Cela dit, la gauche va aller à la présidentielle en étant extrêmement divisée dans un contexte où les enquêtes d’opinion semblent montrer que le score total de ses candidats serait de 40 %" ajoute le politologue.

Une primaire mal organisée

Cette primaire n’a pas été très bien organisée, précise Pierre Mathiot. "Il y a un an on pensait que la primaire n’aurait pas lieu. Il y aura moins de bureaux de vote qu’en 2011. Il y en aura moins que lors de la primaire de la droite. Le PS a également des problèmes financiers qui expliquent probablement cela aussi. Beaucoup moins de militants sont capables de tenir les bureaux de vote. Cela laisse pantois" critique le politologue.

Depuis quelques jours, on entend beaucoup parler de Vincent Peillon et de Manuel Valls, moins des autres candidats. "On parle plus d’eux car ils ont été les derniers à se porter candidat. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont déjà bénéficié d’un petit traitement médiatique. Par ailleurs il n’y a pas d’enquêtes d’opinion sur ce sujet. De plus, Manuel Valls et Vincent Peillon représentent le même segment du PS en tant qu’anciens ministres de François Hollande. Cela ne va pas forcément se jouer entre eux car cela voudrait dire que les électeurs de gauche seraient satisfaits du quinquennat de François Hollande."

L’objectif de la gauche est de rassembler un maximum de monde sur cette primaire. Reste à trouver les bonnes thématiques. "Il ne faut pas que les candidats peuvent rassembler sur le risque de la victoire du FN ou le risque de l’éviction des socialistes au second tour. Ces appels fonctionnent de moins en moins. Les candidats ont intérêt à présenter un projet politique classique sans trop insister sur les risques qu’entraîneraient leur défaite. Ils doivent défendre un projet de gauche même s’il y aura des nuances très fortes entre les candidats" conclut Pierre Mathiot.

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