Prisons: un nouveau plan sans unités dédiées aux radicalisés

25 octobre 2016 Par

Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a dévoilé mardi 25 octobre un nouveau plan pour les prisons françaises. Le projet abandonne notamment les unités spécialisées contre la radicalisation

Un nouveau plan pour les prisons a été dévoilé par le ministre de la justice et garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas mardi 25 octobre. Le projet doit résoudre les problèmes de sécurité mis en lumières par les récentes attaques de surveillants. Il doit aussi permettre de mieux faire face à l'emprisonnement grandissant de détenus radicalisés. A l'intérieur de ce  plan, le gouvernement prévoit un budget en hausse mais aussi l'abandon des unités spécialisées pour les détenus radicalisés. 

La prise en compte de la dangerosité

Le garde des Sceaux a d'abord dressé un constat : le nombre de personnes incriminées pour terrorisme est en constante augmentation, et il devrait continuer de progresser dans les mois qui viennent. Aujourd'hui, près de 350 personnes qualifiées de terroristes sont incarcérées. Elles étaient 90 en 2014. L'administration pénitentiaire dénombre également 1 336 détenus radicalisés, contre 700 il y a un an. 

Jean-Jacques Urvoas a loué le travail effectué dans les unités spécialisées dans la lutte contre la radicalisation islamiste, mais a donc décidé de les supprimer. Exit donc les UPRA, (unité de prévention de la radicalisation) dans les établissements de Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny et Lille-Annoeullin. Les autorités vont évaluer le degré de dangerosité des détenus radicalisés. Les 300 plus dangereux seront regroupés et placés dans des quartiers aux plus hautes normes de sécurité. Les autres seront divisés dans 27 établissements sans subir d'isolement particulier. Ils feront par contre l'objet d'une surveillance renforcée. Des programmes de désengagements de la violence leur seront aussi dédiés. 

Un budget presque doublé

Le plan de Jean-Jacques Urvoas comporte aussi un volet spécifique pour les femmes et les mineurs radicalisés. Une centaine de places va être créée dans 13 quartiers pour femme et des dispositifs spécifiques vont également voir le jour dans les maisons d'arrêt pour mineurs. Le but de ces mesures est d'anticiper les retours de Syrie d'ici à fin 2017. Les femmes et les mineurs radicalisés seront réunis par groupes de 5 à 10 individus. 

Concernant la sécurité des établissements, le plan Urvoas envisage la création d'une sous-direction de la sécurité pénitentiaire. La nouvelle entité en englobera sept déjà existantes et toutes tournées vers la sécurité. Le bureau du renseignement pénitentiaire va aussi être renforcé. 51 postes supplémentaires vont gonfler ses rangs.

Le budget consacré la la sécurisation des établissements va aussi connaître un bond significatif. Il va passer de 30 millions d'euros en 2016 à 58 en 2017. Il était de 17 millions en 2015. Le garde des Sceaux entend ainsi renforcer la sécurité passive des bâtiments, la vidéo, la surveillance extérieure et tenter de neutraliser les communications illicites (les téléphones portables que les détenus sont de plus en plus nombreux à se procurer).

 

Sur le même thème :