Quel avenir pour le Yémen après la mort d’Ali Saleh?

6 décembre 2017 Par

L'ancien président yéménite Ai Abdallah Saleh a été assassiné lundi 4 décembre dernier par ses anciens alliés.

Saleh, l'ex-président du Yémen, est mort

L’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh est mort lundi 4 décembre dernier à l’âge de 75 ans. Cet ancien dirigeant yéménite, qui était resté au pouvoir durant 33 ans, a finalement  été tué par ses anciens alliés, les houthistes au sud de la capitale, Sanaa.

L’histoire remonte  à 2012, quand Ali Saleh est chassé du pouvoir. Depuis cette date, le dirigeant n'avait eu de cesse d'essayer de reprendre sa place à la tête de l'Etat. Pour cela il s’allie à la rébellion, les miliciens houthistes soutenus par l’Iran. Une alliance qui avait pour principal objectif de faire face à l’intervention militaire d’une coalition conduite par l’Arabie Saoudite, visant notamment à rétablir au pouvoir le président Abdrabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale.

Des affrontements entre houthistes et partisans de Saleh

S'en étaient suivis plusieurs affrontements, ainsi que la partition de la capitale alors que le gouvernement de Hadai s'était réfugié au Sud du pays. Une situation qui a rapidement évolué depuis samedi dernier, lorsque l’ancien président Saleh a tendu la main à Riyad, se disant prêt à "tourner la page" de ses relations conflictuelles avec l’Arabie saoudite.

Il espérait notamment obtenir en échange une levée du blocus qui étrangle le Yémen et cause la "pire crise humanitaire du monde", selon les termes de l’ONU. Malheureusement pour lui, ses alliés, les houthistes, ont considéré cette initiative comme une "grande trahison". Ce qui lui a coûté la vie et provoqué des affrontements entre houthistes et partisans de l'ancien dirigeant. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ces affrontements auraient fait au moins 125 morts et 238 blessés depuis mercredi dernier.

Vers un tournant dans la crise yéménite

Pour François Burgat, directeur de recherche à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), "c’est une crise dans la crise yéménite. J’ai cru à une porte de sortie de la crise principale, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas. Cette alliance improbable entre le président sortant et l’un de ceux qui l’avaient écarté du pouvoir en 2011 n’a pas tenu, et ce n’est pas une très grande surprise. Maintenant, le camp de ceux qui résistent à la coalition saoudienne est un peu plus homogène. Dans les jours qui viennent, on va savoir si la défection politique et physique de Saleh les a affaiblis suffisamment pour que le profil de la crise change".

De leur côté, les Houthis ont dénoncé aujourd'hui "un complot". Soutenus par l'Iran, ils ont appelé à une grande manifestation dans la capitale mardi 5 décembre pour célébrer ce qu'ils appellent "l'échec d'un complot ourdi" par l'ex-président et une partie de sa formation politique, le Congrès populaire général (CPG).

► François Burgat, directeur de recherche à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM):

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