Quel bilan pour Barack Obama ?

20 janvier 2017 Par

Vendredi 20 janvier prochain, Barack Obama cédera la place à Donald Trump, nouveau locataire de la Maison Blanche. Retour sur le bilan politique du premier président noir des Etats-Unis.

Selon un sondage Gallup publié en 2016, 53% d’Américains seraient satisfaits par sa politique, contre 68% en 2009. Son charisme et sa personnalité ont séduit plus d’un citoyen des Etats-Unis, mais aussi des citoyens étrangers au-delà des frontières américaines. Le bilan de Barack Obama reste toutefois  largement critiqué, notamment au niveau de sa politique étrangère, même si sa politique intérieure, elle, est plutôt réussie. 

SUCCèS EN POLITIQUE INTéRIEURE AU NIVEAU éCONOMIQUE…

Fraîchement arrivé à la Maison Blanche, Barack Obama a lancé un grand plan de relance de l’économie en investissant 787 milliards de dollars. Un succès puisqu’il a réussi à sortir la première puissance mondiale de la crise financière héritée de l’administration Bush, faisant reculer le chômage de 6% (10% en 2009 contre 4,9% en 2016). Cette relance a permis ainsi le retour du plein emploi et le redressement de l’économie américaine qui était restée en suspens après la crise économique de 2008, survenue suite à la faillite de la Banque Lehman Brothers. L’augmentation de la croissance de 2,4% depuis 2009 montre d’ailleurs bien le succès de cette politique intérieure. 

… QUI RESTE TOUTEFOIS MiTIGé

Mais cela reste néanmoins à nuancer puisque durant son mandat, la dette publique américaine s’est profondément creusée, passant de 10 600 milliards de dollars en 2009 à 19 500 milliards de dollars en 2016. Par ailleurs, contrairement à ce qu’estime Barack Obama dans sa lettre adressée aux Américains où il défend son bilan, les inégalités sont toujours aussi présentes aux Etats-Unis. Il y  a en effet  toujours autant de pauvres, 43 millions d’Américains contre 44 millions en 2009. 13,5% de la population des Etats-Unis vit avec moins de 15 391 dollars par an, un taux qui monte à 24,1% pour la population noire-américaine. Le président n’a pas réussi à convaincre le Congrès d’augmenter le salaire minimum, ni obtenu l’augmentation des impôts pour les ménages les plus riches. 

OBAMACARE : PIèCE CENTRALE DE SON BILAN

Plus connue sous le nom d’Obamacare, la réforme d’assurance-santé, "l’Affordable Care Act" lancée en 2010 reste l’une de pièces maîtresses du bilan du président sortant. Une réforme encore critiquée aujourd’hui puisque le nouveau président, Donald Trump, veut l’abroger dès son arrivée à la Maison-Blanche. En 2008, 47 millions d’Américains n’étaient pas couvert par une assurance-santé, mais depuis la mise en place de l’Obamacare, ils ne sont plus que 29 millions à n’être pas assurés en 2016. Un chiffre qui a réduit de moitié, démontrant le succès de cette réforme. Chaque année, 45 000 Américains meurent en raison de l’absence de soins. Toutefois, cette réforme suscite encore de vives critiques pour l’énorme investissement dont elle fait l’objet de la part de l’Etat américain, un investissement que beaucoup ne jugent pas durable risquant de mettre à mal l’économie du pays. L’Obamacare a en effet été très critiquée lors de la campagne présidentielle alors que les primes d’assurance ont augmenté et que plusieurs assureurs importants se sont retirés depuis la mis en place de la réforme. 

UNE POLITIQUE éTRANGéRE CRITIQUéE  

Ils sont nombreux à s’accorder pour critiquer la politique étrangère de Barack Obama, notamment en France où il a fait des déçus après voir fait machine arrière sur la question d’une intervention en Syrie. Une prudence toutefois louée par le journaliste spécialiste des Relations Internationales, Renaud Girard, entre les lignes du Figaro, qui parle d’un "homme d’Etat qui a étudié l’histoire, qui se méfie des visions manichéennes chères aux médias de masse". Le président sortant avait retenu les leçons d’une intervention américaine lors d’une guerre civile en Afghanistan qui a permis aux Talibans de s’emparer du pouvoir. S’il s’y est peut-être pris trop tôt pour certains, Barack Obama a quand même réduit les opérations militaires à l’extérieur, notamment en Afghanistan et en Irak, même si 8 000 soldats américains étaient encore en Afghanistan en 2016. L’opposition avec Moscou, allié historique de Damas, a montré sur la scène internationale la faiblesse des Etats-Unis face au géant russe et le manque de diplomatie de Barack Obama vis-à-vis de Poutine, élément capital du conflit syrien. 

IRAN ET CUBA : DES ACCORDS HISTORIQUES

Coincé sur le conflit syrien avec la Russie, Obama s’est tourné vers d’autres pays comme l’Iran ou Cuba. Avec le premier, ennemi historique, les Etats-Unis ont obtenu un accord pour limiter l’enrichissement d’uranium et la production de plutonium. L’objectif est d’éviter que l’Iran n’obtienne l’arme nucléaire et cela en échange de la levée des sanctions contre la République islamique. En parallèle, Barack Obama a réussi à réconcilier Cuba et les Etats-Unis, un évènement historique pour les deux pays. Les relations diplomatiques entre les deux étaient suspendues depuis 1961. 

GUANTANAMO : LA PROMESSE NON TENUE

Mais, dans ce bilan, une ombre reste sur le tableau : la fermeture du camp de Guantanamo. Une promesse qui, à ce jour, n’a pas encore été tenue contrairement à ce qu’avait annoncé le président américain au début de son mandat. Cette prison dont l’image est associée à la torture nuit à la crédibilité des Etats-Unis. Sa fermeture s’est avérée plus difficile que prévue. Cela dit, il reste actuellement 61 prisonniers à Guantanamo, contre 240 en 2009. 

CONCLUSION

Dans une lettre adressée aux Américains, début janvier, Barack Obama défend son bilan : "Alors que je me prépare à passer le relais et à faire mon devoir en tant que citoyen, je suis fier de dire que nous avons construit de nouvelles fondations pour l’Amérique", écrit le 44ème président américain. Ce dernier estime que les Etats-Unis ont "entamé un long travail pour faire reculer l’inégalité". Il a déclaré vouloir désormais se mettre à l’écriture et passer plus de temps avec ses filles.