RDC: la force de l'ONU renouvelée, mais relativement impuissante

28 mars 2018 Par

L'ONU doit renouveler mardi 27 mars le mandat de la MONUSCO, la force militaire onusienne chargée de stabiliser le pays en proie à la guerre civile.

C'est ce mardi 27 mars que l'Organisation des Nations-Unies (ONU) doit normalement renouveler le mandat qu'elle accorde à la Mission de l’Organisation des Nations-Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO). Créée en 1999, cette force est présente en RDC depuis le 1er juillet 2010, dans le cadre d’une mission de maintien de la paix.
 

Un budget de 1,5 milliard d'euros

Dotée d'un budget de 1,5 milliard de dollars, cette mission a pour but de stabiliser le pays en garantissant la protection des civils, du personnel humanitaire et des défenseurs des droits de l'homme. Elle doit notamment aider le gouvernement de la RDC à stabiliser son territoire, et à consolider la paix, plus que précaire.

Le renouvellement de cette mission intervient dans un contexte électoral tendu. Les élections présidentielles auront lieu le 23 décembre prochain. Cet événement sera une priorité pour les Casques bleus dont le nombre devrait rester inchangé, avec plus de 16 000 soldats déployés.
 

Une énorme machine relativement impuissante

"La MONUSCO c’est l’une des plus grandes forces des Nations-Unies dans le monde. Il y a quand même autour de 20.000 soldats avec 3.000 civils nationaux. La MONUSCO c’est une énorme machine qui a du mal à s’interposer entre les groupes combattants et les civils" explioque Michel Galy, politologue, professeur de géopolitique à l'Institut des Relations Internationales de Paris.

Il ajoute qu'"elle a un mandat assez restreint. Elle ne peut pas agir en tant qu’armée, ce qui est bien du point de vue de la légitimité du pays mais qui est aussi regrettable par rapport à l’issue démocratique. Malgré la quantité d’hommes en arme, et son budget, elle est relativement impuissante"
 

Michel Galy, politologue, professeur de géopolitique à l'Institut des Relations Internationales de Paris:

En renouvelant cette force, l'ONU espère que les prochaines élections présidentielles, qui doivent organiser normalement le départ du président Joseph Kabila, se dérouleront dans un climat apaisé. A noter que pour appuyer l'intérêt qu'il porte à ce scrutin, le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, pourrait envisager de se rendre en RDC dans les mois prochains, en compagnie du président de la commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat.