Reporters sans frontières: "il y a des attaques récurrentes contre la presse au sein de nos démocraties"

2 mai 2017 Par

Le 3 mai, le monde célèbre la journée de la liberté de la presse. Une liberté aujourd’hui mise en péril, selon Reporters Sans Frontières.

Dans son classement annuel publié la semaine dernière, Reporters sans Frontières note que cette liberté est aujourd’hui de plus en plus contestée. Ainsi la presse n'est libre que dans une cinquantaine de pays en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l'Afrique.

 

Le phénomène s'accentue dans les démocraties

Par ailleurs, rapporte RSF, de plus en plus de nos démocraties occidentales sont aujourd’hui les théâtres d’un possible basculement à ce niveau-là. C’est notamment ce qu’explique Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. "On se rend compte aujourd’hui que le phénomène s’accentue dans les démocraties" déclare-t-elle.

"Il y a des attaques récurrentes contre la presse, contre les journalistes, au sein même de nos démocraties qui sont pourtant considérées comme des pays vertueux et qui devraient servir de modèles à d’autres pays où la liberté de la presse n’existe pas, ou est régulièrement attaquée" ajoute Virginie Dangles.

 

De nombreuses attaques verbales contre les journalistes

Interrogée par Christian Vadon, sur RCF, cette dernière explique une telle tendance par le fait qu’il y a "dans les démocraties une obsession pour la surveillance. On a pu voir que dans des pays comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, au nom de la lutte contre le terrorisme, des lois sur le renseignement ont été votées et qui fragilisent le libre exercice du journalisme. On a également pu voir, comme en France, des attaques verbales de politiques très violentes à l’égard de la presse."

Si l’on s’éloigne de l’Europe, la situation n’est guère plus brillante. "Le secret des sources a également été mis à mal, au Canada notamment. On peut également parler de la Pologne où l’on est dans un grand basculement, de la Hongrie de Viktor Orban où il ya des pressions très fortes de la part des politiques. Puis les Etats-Unis avec Trump où l’on est entré dans une ère de stigmatisation de la presse où les violences verbales à l’égard des journalistes sont plus nombreuses que jamais" conclut-elle.