Revivez la Rencontre Mondiale des Familles de Dublin

Le pape François a choisi la ville de Dublin, en Irlande, pour accueillir la Rencontre Mondiale des Familles du 21 au 26 août.

Père Christophe Blin: "l'Eglise prend soin de la famille"

​Cana, c’est une mission de la communauté du Chemin neuf au service du couple et de la famille. Elle organise des sessions dans de nombreux pays du monde.

Cana participe cette semaine à la rencontre mondiale des familles à Dublin autour du pape François. Le thème de cette neuvième rencontre est le suivant : "L’Evangile de la famille, joie pour le monde".

"Cette rencontre est importante à plusieurs titres. D’une part parce que cela montre au monde entier que l’Eglise prend soin de la famille, qu’elle a une parole pour la famille. Une parole qui a évolué, qui sait s’adapter. Pour beaucoup de réalités du monde entier, c’est l’occasion pour tous les acteurs de la pastorale familiale de se rencontrer, d’échanger sur les nouvelles idées, sur les nouvelles orientations de l’Eglise. C’est comme une fête de famille. La famille se retrouve autour du pape et du Seigneur" explique le père Christophe Blin, aumônier international de Cana.

Des milliers de familles du monde entier sont attendues cette semaine à Dublin. Des familles aux réalités différentes. "Dans mon expérience à Cana, j’ai l’occasion de voyager sur tous les continents, et je rencontre des familles aux réalités très diverses : des familles traditionnelles et des familles plus marquées par ce que traverse notre société. Il faut essayer d’avoir une parole qui réconforte, qui console. Les familles ont besoin d’être consolées, de retrouver une espérance. Et la parole du pape ira dans ce sens" ajoute l'aumônier international de Cana.

Dans son exhortation apostolique, Amoris Laetitia, le pape évoque notamment ces familles qui souffrent de la séparation et du divorce. Cette rencontre mondiale sera l’occasion d’en parler. "C’est la première rencontre mondiale des familles après la parution de cette exhortation apostolique. C’est sans aucun doute l’occasion pour le Vatican et pour les acteurs de la pastorale des familles de prendre la mesure de ce qu’il s’est passé depuis la publication de cette exhortation, de ce qui a été mis en œuvre pour ces familles qui souffrent" précise le père Christophe Blin.

Le programme de la rencontre monde des familles de Dublin situe la famille dans la société contemporaine, confrontée à des réalités comme le dérèglement climatique ou le développement du numérique. L’idée c’est d’aider les familles à s’intégrer complètement dans cette société. "Il faut montrer une interaction dans les deux sens. Comment le monde aujourd’hui influe sur la famille ? Et puis aussi comment la famille peut aider au niveau de l’écologie, de la sauvegarde de la planète, de l’accès au numérique. C’est dans les deux sens. Pas uniquement la famille comme objet, mais aussi comme sujet" lance encore le père Christophe Blin.

Père Christophe Blin, aumônier international de Cana:

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A Dublin, les familles du monde entier partagent leurs expériences

A Dublin, les familles du monde entier partagent leurs expériences

Du 21 au 26 août, Dublin accueille la Rencontre Mondiale des Familles. Une semaine de célébration et de réflexion sur l’évolution et les défis de la famille pour la société et pour l’Eglise.

Chaque jour, les participants de cette Rencontre Mondiale des Familles pourront suivre des ateliers sur des sujets comme l’éducation, l’accueil du handicap ou la séparation. Enfin, le pape François se rendra à Dublin pour le weekend final de cette Rencontre Mondiale des Familles.

Le mouvement CANA profite de cette rencontre des familles à Dublin pour rassembler ses responsables du monde entier : près de 120 participants d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Europe… A l'image de Gilles et Véronique Cormier, les responsables de CANA International.
 
"On sent bien qu’il y a une attente pour les gens d’Asie de rencontrer les Africains, qu’ils ne voient quasiment pas, ou des Brésiliens, car c’est le bout du monde. Pouvoir échanger nos expériences de la réalité de la famille dans différents continents, c’est une grande attente. On sent que la société attaque. Il y a de grandes difficultés dans la famille et dans la vie de couple. On a une grande proposition à faire au monde, modestement, mais on a envie de faire des propositions ensemble, avec ces familles des différents continents" explique Gilles Cormier.

"On est des familles normales. On est donc forcément confronté à la réalité de notre monde qui traverse nos familles. On doit aussi accompagner nos enfants, pour les aider à discerner, à choisir, à rester libre. Toutes ces questions traversent nos vies de chrétiens. Les chrétiens sont dans le monde, et ils ont à se positionner dans la joie. Vivons dans le quotidien ici et maintenant" ajoute son épouse.

Gilles et Véronique Cormier, responsables de CANA International:

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Amoris Laetitia: "des pistes simples et concrètes" à vivre en famille

"L’Évangile de la famille : joie pour le monde", c’est le thème de la Rencontre Mondiale des Familles qui a lieu cette semaine à Dublin.

Un thème qui est en lien direct avec l’exhortation apostolique du pape François sur la famille "La joie de l’amour". Pour le mouvement CANA, qui accompagne des couples et des familles depuis une quarantaine d’année, la rencontre avec le pape en Irlande est justement une sorte de Service Après-Vente de cette encyclique. Pour en parler, Etienne Pépin a interrogé le père Christophe Blin, l’aumônier international de CANA et Anne-Sophie Ancel membre de l’équipe CANA en France.

"Quand on a reçu ce document, la première réaction a été de se dire qu’il y a beaucoup de choses écrites que l’on fait déjà. Et c’est certainement parce que, comme vous le savez, le pape François est jésuite, et que CANA est né au Chemin neuf, une communauté fondée par un jésuite. Et il y a ce fond de spiritualité ignacienne qui respire tout le document, et qui est aussi notre héritage. C’est un héritage commun" explique le père Christophe Blin, l’aumônier international de CANA.

"Ce qui m’a beaucoup touché, c’est le pape François qui incite les parents à apprendre trois mots. C’est tout simple. En famille il est nécessaire d’utiliser trois mots : permission, merci, excuse. En lisant cette petite phrase, j’étais très touché car c’est l’une des premières choses que l’on essaie d’expérimenter avec les familles" ajoute Anne-Sophie Ancel membre de l’équipe CANA en France.

"Dans Amoris Laetitia, on voit que le pape François est très concerné à la fois par les relations dans le couple, mais aussi dans la famille, avec les enfants. Et il donne des pistes très simples, et très concrètes, qui permettent de transmettre quelque chose au-delà simplement des mots ou des règles" précise-t-elle également.

La famille n’est pourtant pas toujours une source de joies. "Suite à la demande de certains couples qui vivaient des difficultés, nous avons été sollicités pour lancer quelque chose, soit pour des personnes seules, soit pour des personnes qui choisissaient de redémarrer un chemin avec une autre personne. Au cour de ces semaines de retraite, on fait un chemin avec elles sans pour autant dissimuler ce que dit l’Eglise, on reste fidèle à l’Eglise" conclut le père Blin.

 La neuvième Rencontre Mondiale des Familles débute mardi 21 août. Une grande soirée inaugurale est organisée dans plusieurs diocèses irlandais.

A CANA, les célibataires consacrés et les familles s'enrichissent mutuellement

A CANA, les célibataires consacrés et les familles s'enrichissent mutuellement

A l'occasion de la Rencontre Mondiale des Familles, à Dublin, Etienne Pépin a interrogé soeur Michaela, responsable de CANA en Allemagne.

Très présente à l'occasion de cette Rencontre Mondiale des Familles, CANA est une communauté issue du Chemin Neuf, dont les membres sont composés de familles, et de célibataires consacrés. Il y vivent ensemble des moments de fraternité et de partage. 

"Trois-quarts de nos membres sont des couples et un quart célibataire consacré, homme ou femme. Les enfants ne font pas partie de la communauté dans le sens où ils ne sont pas membres. Mais ils sont avec nous à beaucoup d’occasions. Il y a une moitié d’hommes et une moitié de femmes. On vit vraiment ensemble" explique soeur Michaela, responsable de CANA en Allemagne, au micro d'Etienne Pépin.

"Cela nous aide à vivre notre célibat consacré que de vivre aussi avec des familles. On a des espaces bien distincts, avec nos rythmes. Mais dans la journée, dans nos missions, dans nos activités et nos temps de prière, on est ensemble. Et je me souviens que pendant une certaine époque, je vivais dans une chambre située à côté d’un appartement familial. Cela m’a montré que l’on vit nos vocations différentes. Le couple va retrouver ses enfants, et moi je vais être seule, car j’ai besoin de cette intimité avec le Christ, en temps que célibataire consacré" ajoute-t-elle.

"J’ai vécu douze ans au service de la formation des jeunes à l’abbaye de Hautecombe. J’ai vu passer 600 jeunes. On peut beaucoup transmettre. La fécondité, c’est aussi la transmission de la vie, la transmission de la foi. Et cela dans ma mission je le vis vraiment. Je peux transmettre la foi que j’ai reçu et cela me réjouit vraiment de voir des jeunes prendre le relais et à leur tour annoncer le Christ" précise soeur Michaela.

"On est ensemble. Quand on anime une semaine CANA, il y a souvent un couple qui porte la semaine avec un célibataire consacré. Et même dans les temps de partage en couple, il se peut qu’il y ait des célibataires consacrés. De nous voir ensembles cela donne aussi une nouvelle image de l’Église et une unité" lance-t-elle.

L’Église s’interroge depuis toujours sur la place de la femme. "Je peux tout simplement témoigner de ce que l’on vit dans la communauté du Chemin neuf. Quand vous regardez notre annuaire communautaire avec nos différentes responsabilités, je suis sûr que vous trouvez 50 % hommes et 50 % femmes" conclut soeur Michaela.

Soeur Michaela, responsable de CANA en Allemagne:

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"Le handicap nous permet d'aller plus profondément dans l'amour"

"Le handicap nous permet d'aller plus profondément dans l'amour"

A Dublin, en marge de la Rencontre Mondiale des Familles, Etienne Pépin a interrogé un couple, engagé à CANA, et parents d'un enfant handicapé.

A Dublin, ce sont des centaines de familles aux réalités diverses qui sont attendues à l'occasion de la Rencontre Mondiale des Familles. Parmi ces réalités, l'accueil d'un enfant handicapé. Une épreuve pour toute la famille qui peut se transformer en source de joie, et de foi.

"Cela a été très différent pour Anne-Sophie et pour moi. J’ai eu une vision, avant que cela n’arrive, que cet enfant allait arriver. Et quand il est arrivé, c’est comme si j’y étais préparé. Cela était d’une grande aide. Le Seigneur nous a ajusté et nous a donné chacun un rôle, une disposition différente pour accueillir cet enfant dans la vérité, avec ce qu’il y a d’inconnu, de souffrance, de questionnement, et une grande paix, une grande confiance. Quand je l’ai relu, j’ai compris que j’avais été préparé à l’accueillir" explique Stéphane, membre de CANA France.

"J’ai compris que j’allais rencontrer quelqu’un qui allait me rapprocher de Jésus. Je savais que Pierre-Thomas, c’était cette personne qui allait me rapprocher de Jésus. La souffrance vient de l’inquiétude que l’on peut avoir pour son enfant, ou de l’incompréhension, des tensions, des fatigues. Être handicapé pour moi, cela fait partie de la nature. Cela me motive dans le soin que je peux lui porter" ajoute Stéphane.

"Pour moi cela a été un passage douloureux quand je commençais à comprendre. Cela a été extrêmement difficile. Je suis passé par les étapes de colère, d’exaspération. Je n’ai pas fermé la porte à Dieu mais je l’ai harcelé de questions. Jusqu’au jour où j’ai compris que les pourquoi ne faisaient pas avancer. Assez vite, en parallèle, l’important c’était de tout faire pour diminuer son handicap, pour compenser. J’ai pu vraiment m’appuyer sur mon mari. J’avais besoin de me battre, et il pouvait entendre ma colère de manière assez paisible" précise Anne-Sophie, son épouse.

"Dans Cana, l’une des premières choses que l’on apprend, c’est d’identifier ses fragilités. La vérité passe par cette découverte de la fragilité. Et cela a été un lieu qui nous a permis d’être en vérité l’un envers l’autre, d’exprimer nos propres fragilités, et de ne pas les vivre seuls" lance encore cette mère de famille.

Ce couple très engagé à CANA appelle aujourd’hui de ses vœux la création de sessions pour des familles avec des enfants handicapés. "On aimerait beaucoup. On pousse. Le pape François le dit. Les familles qui acceptent cette réalité, cette souffrance, cette épreuve, peuvent témoigner de quelque chose de particulier et humainement, et spirituellement, cela a du sens de le faire. Peut-être qu’un jour on sera conduit à accueillir de manière encore plus spécifique cette dimension du handicap. Cela fait partie de notre espérance, car c’est notre quotidien" conclut Stéphane.

Anne-Sophie et Stéphane, membres de CANA France:

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Pour Guillaume Haudebourg (CANA France), "un couple qui va bien permet à une famille d’aller mieux"

Pour Guillaume Haudebourg (CANA France), "un couple qui va bien permet à une famille d’aller mieux"

Evangéliser au sein des couples et des familles, c'est le but de CANA Welcom, une déclinaison de CANA, mission du Chemin Neuf.

"La mission CANA qui est une mission de la communauté du Chemin Neuf est effectivement emprunte de cette volonté d’évangéliser et d’annoncer le Christ aux couples. Il y a beaucoup de choses qui se développent pour ça. Je pense par exemple à la mission CANA Welcome qui se développe aujourd’hui. On se rendait compte que la semaine CANA, pour certains couples, était une marche un peu haute. Et qu’il y avait déjà une annonce de l’Evangile à faire pour certains couples. Dans les paroisses qui étaient confiées à la communauté du Chemin Neuf, on a développé une proposition qui s’appelle CANA Welcome, un programme sur deux ans, de sept soirées par an et d’un week-end, autour de la question de la conjugalité. Et par cette question de la vie de couple, petit à petit annoncer le Christ" explique ​Guillaume Haudebourg, membre de CANA FRANCE.

"La spiritualité ignacienne qui est au cœur de la communauté du Chemin Neuf et de CANA, nous fait vraiment penser que le Christ nous rejoint dans notre quotidien et dans ce qu’on vit dans notre humanité. Et à CANA Welcome, on essaie de toucher les couples par ce qu’ils vivent au quotidien. Les sept thèmes qui sont proposés sont très concrets : la communication dans le couple, la gestion de l’emploi du temps, le rapport à l’argent, aux parents, aux beaux-parents. Petit à petit, on invite les couples à découvrir une relation de prière" ajoute-t-il.

"Il y a plusieurs couples qui arrivent, qui ne sont pas forcément baptisés, et qui démarrent de vrais chemins de foi, avec de grandes conversion. Ils intègrent ensuite les fraternités CANA ou vivent la semaine CANA, peuvent découvrir le baptême et vivre d’une vraie relation avec Jésus" lance encore Guillaume Haudebourg.

"Quand le couple est transformé, cela déteint sur toute la famille. A CANA, on pense vraiment qu’un couple qui va bien permet à une famille d’aller mieux. Le couple est premier pour nous. Cela ne veut pas dire que la relation aux enfants n’est pas importante, mais pour que le rôle parental puisse se vivre, il faut un couple équilibré, épanoui et heureux" conclut ce membre de CANA France.
 

Guillaume Haudebourg, membre de CANA France:

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Mgr Gérald Cyprien Lacroix: "on est là pour toutes les familles"

La 9ème Rencontre Mondiale des Familles a débuté mardi 21 août à Dublin.

Une messe d’ouverture a notamment été célébrée dans les 26 diocèses d’Irlande avec des familles venues du monde entier.
 
L’Évangile de la famille, joie pour le monde. C’est le thème de la neuvième Rencontre Mondiale des Familles qui a débuté mardi 21 août à Dublin, en Irlande. Dans les allées de la Dublin Royal Society, où sont organisés les trois jours de congrès, on croise des familles du monde entier, comme celle de Laurence et d’Olivier, venus spécialement en Irlande pour vivre l’événement avec leurs quatre enfants. Ils répondent aux questions d’Etienne Pépin.

"Une grande aventure familiale qui nous réjouit. On a passé quelques jours en Irlande, et nous avons laissé la voiture pour passer quelques jours ici dans la joie de la rencontre de toutes les familles qui sont ici » explique Laurence. « C’est pour faire l’expérience de l’Église universelle, prendre le temps de réfléchir à la foi, vivre en famille, vivre l’amour, et vivre un grand moment d’unité autour du pape" précise son mari, Olivier.

Le diocèse de Rouen, mené par son archevêque, Mgr Lebrun, est bien représenté. Plusieurs familles, avec des membres allant de six mois à près de 80 ans. Des familles nombreuses, des familles monoparentales, des divorcés, des divorcés remariés. Bref, la famille dans sa plus grande diversité. Toutes ont pu faire connaissance durant le voyage, et elles ont mis en place cette semaine, des temps de fraternité.

Mgr Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, interrogé par Etienne Pépin, a expliqué vouloir que toutes les familles trouvent leur place ici, à Dublin. "On est là pour toutes les familles. On prend les gens là où ils sont et on avance. On trouve des pistes d’espérance. J’ai le goût d’entendre de ce que vivent les autres. J’ai grandi dans une famille, pas parfaite, mais on s’aime. Et c’est un bel encouragement pour retourner chez nous et continuer de nous aimer, et de soutenir les familles qui en ont le plus besoin" lance le cardinal.

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, au micro d'Etienne Pépin:

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"L’Eglise comprend que l’unité ce n’est pas l’uniformité. On peut avoir une grande diversité de culture, de langue, de façon de vivre. Le cœur est le même. Tout le monde veut aimer et être aimé. Tout le monde veut grandir. La famille, c’est l’école de la foi et l’école de la vie par excellence" conclut-il. Le cardinal Lacroix anime mercredi 22 août une conférence sur le thème : "Présentation de l’Engagement au Mariage comme Chemin vers la Joie Aujourd’hui".

 

Mgr Dominique Lebrun: "en famille, nous sommes en chemin"

"On est dans une grande diversité en chemin, et j’ai envie de marcher avec eux" explique Mgr Dominique Lebrun, présent à la Rencontre Mondiale des Familles de Dublin.

Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, s'est rendu à Dublin à l'occasion de la neuvième Rencontre Mondiale des Familles, avec une délégation de familles de son diocèse. Il répond aux questions d'Etienne Pépin.

"Un voyage joyeux et paisible. J’étais surpris de voir qu’avec beaucoup d’enfants, un bébé, des personnes qui commencent à prendre de l’âge, pas mal d’inconnus, il y avait une ambiance joyeuse. Je ne prends pas des vacances en famille, mais presque ! J’ai beaucoup reçu par ma famille. Je crois vraiment que la famille c’est l’école de l’amour. Ma maman a été la première interprète de l’amour. Et toute femme qui commence à sentir en elle une vie, est l’interprète de cet amour divin" explique Mgr Dominique Lebrun.

Mêmes les prêtres ont aujourd'hui besoin de leur famille. "Nous avons besoin de nos familles, cela nous fait beaucoup de bien. La semaine dernière, j’étais avec quatre petits neveux. Je suis l’oncle Dominique. Ils me connaissent. Ils ne m’idéalisent pas. Ce n’est pas toujours très facile. Je confesse que je ne sais pas toujours me situer comme prêtre dans ma famille. Pour moi ce n’est pas le lieu le plus facile" ajoute l'archevêque de Rouen.

"J’ai réalisé quand j’étais au séminaire que nous étions plutôt un peu plus nombreux que la moyenne, orphelins de prêtres. J’ai laissé tombé cette psychologie à quatre sous. Cette paternité, est plutôt vraiment un rappel, y compris à ceux qui sont mère et père, que leur fécondité vient de plus loin d’eux. Dans ma mission de prêtre, je n’idéalise pas beaucoup la paternité" conclut Mgr Dominique Lebrun.

Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen:

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A Dublin, les familles livrent leurs expériences

A Dublin, les familles livrent leurs expériences

​Mercredi 22 août dernier, c’était le premier jour de congrès de la Rencontre Mondiale des Familles à Dublin. Plusieurs conférences et tables rondes y étaient organisées.

Pas de grande leçon de philosophie, pas de cours magistraux de théologie. Ici à Dublin les familles témoignent de ce qu’elles vivent aux quatre coins du monde, simplement. Rebecca vient de Martinique. Elle a suivi la table ronde sur le handicap dans la famille. Éducatrice spécialisée, elle a été touchée par les vies des personnes qui ont raconté leur histoire. Elle livre ses impressions à Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Dublin.

"Un jeune homme trisomique qui s’exprimait bien a raconté qu’il avait suivi des cours adaptés, qu’il a beaucoup écrit. Il a écrit des poèmes où il témoigne de l’amour qu’il porte pour les autres. Cela lui permet de rencontrer des personnes. Il a vraiment transmis ce message-là en disant que finalement, c’est toujours le regard des autres qui arrive comme quelque chose de négatif. Mais il y a de la joie, de l’amour" explique-t-elle notamment.

Mercredi, la conférence du cardinal Tagle, l’archevêque de Manille, a aussi fait salle comble. Il est venu parler de la société du tout-jetable, mettant ainsi en lien deux textes majeurs du pape François, l’encyclique Laudato Si’ et l’exhortation apostolique Amoris Laetitia. Véronique, de Lyon, a été marquée par les exemples concrets utilisés par le prélat pour témoigner.

"Il parlait de sa montre qui lui avait été offerte à la fin de ses études. Et depuis qu’il était devenu prêtre, les personnes lui disaient qu’il devrait changer de montre. Même chose après qu’il soit devenu évêque. Il nous a expliqué avec beaucoup d’émotion que cette montre lui avait été offerte par ses parents et que ses parents avaient dû emprunter pour lui offrir cette montre. Ce n’était pas simplement un objet qu’il pouvait aujourd’hui changer mais que c’était toute une relation qu’il avait avec ses parents, tout le don de leur vie qu’ils lui avaient fait à travers cette montre" lance-t-elle au micro d’Etienne Pépin.

"Il s’appuie beaucoup sur Laudato Si’ et puis il faisait un lien entre Laudato Si’ et Amoris Laetitia. Il nous prend à contre-courant et nous oblige à freiner, à arrêter cette frénésie dans laquelle on va toujours plus en avant, et de centrer sur l’essentiel, qui parfois est la personne la plus pauvre, la plus petite" ajoute-t-il.

Oranne de Mautort: "la vie de famille, c'est un travail"

Présente à Dublin à l'occasion de la Rencontre Mondiale des Familles, Oranne de Mautort, de la Conférence des Evêques de France, répond aux question d'Etienne Pépin.

"Le fruit d'Amoris Laetitia"

Oranne de Mautort, directrice adjointe du Service National Famille et Société à la CEF en charge particulièrement de la famille, s'est rendue à Dublin pour vivre la Rencontre Mondiale des Familles. Elle revient sur le changement de regard posé sur la famille, par l'Eglise.

"L’ambiance à Dublin est très familiale. C’est une ambiance paisible, simple, bonne enfant, avec une attention très forte à la réalité des familles. Cela m’a beaucoup frappé dans les interventions auxquelles j’ai assisté. Et ça c’est vraiment un fruit d’Amoris Laetitia. On reconnait la réalité familiale avant tout. Au-delà du témoignage, c’est aussi que dans la théologie, on prend en compte la réalité des familles. Et on reconnait que la vie de famille, c’est un travail" explique-t-elle notamment.
 

"La joie de l'amour se vit dans les familles"

Elle ajoute que "ce regard posé sur la réalité, c’est vraiment très important pour nous accompagner les uns et les autres dans la vie de famille. Il y a le divorce, il y a aussi les questions économiques qui sont capitales pour la vie de famille. Un des évêques rappelait la question du logement par exemple. Il faut un regard ample qui ne fait pas fi des choses très concrètes".

Revenant sur le thème de cette Rencontre Mondiale des Familles, Oranne de Mautort rappelle que "la joie, c’est un bel appel. C’est dire que la joie se vit dans les conditions concrètes, et elle se vit aussi dans les difficultés. La joie, c’est une joie de fond. C’est la joie de l’amour qui se vit dans les familles, et elle passe par des phases comme-ci comme-ça".
 

Une vraie nouveauté

Pour la directrice adjointe du Service National Famille et Société à la CEF, "l’enjeu est qu’aujourd’hui l’Église soit plus intégrante, soit plus inclusive, et que chaque famille, quelle que soit sa réalité, soit chez elle en Église. Cela veut dire concrètement que les personnes seules sont chez elles en Église. Tout comme les personnes séparées, les personnes qui vivent la vie de famille heureuse, les personnes divorcées remariées, les personnes homosexuelles. Elles sont toutes chez elles en Église".

"L’affirmation est forte et elle a été entendue car elle n’avait pas été exprimée de cette manière-ci jusqu’à présent, même si dans la réalité concrète, en France, il y a bien des lieux où tous se sentent chez eux en Église. Mais l’affirmation magistérielle, telle qu’elle est affirmée dans Amoris Laetitia, redite par les évêques, est une nouveauté" conclut-elle.
 

Oranne de Mautort, directrice adjointe du Service National Famille et Société à la CEF:

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Soeur Nathalie Becquart: "le synode sur les jeunes vient dans la continuité des deux synodes sur la famille"

​Sœur Nathalie Becquart, directrice du SNEJV à la CEF, était à Dublin pour la Rencontre Mondiale des Familles, où elle a participé à une table ronde sur la préparation du synode des jeunes.

"C’est une manière de connecter la question des familles à la question des jeunes et des vocations. On voit bien que ce synode sur les jeunes vient dans la continuité des deux synodes sur la famille. Le synode des jeunes bénéficie de tout le travail qui a été fait durant les synodes pour la famille. La première chose qui vient quand on parle des jeunes et de leur situation, c’est d’écouter les jeunes, de les rejoindre et de comprendre leur réalité. Et on ne peut pas les accueillir sans les voir dans leur situation familiale" explique ​Sœur Nathalie Becquart, directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la CEF.

Le synode des jeunes explorera largement la question de la vocation chez les jeunes. Des vocations qui ne sont pas que sacerdotales, ou religieuses, mais peuvent également trouver leur place au sein d’une famille. "La ligne synodale est une approche et une définition de la vocation au sens très large. Notre première vocation, c’est la vocation à la vie, la vocation à l’amour. Enracinés dans cette vocation humaine fondamentale, on a tous une vocation de baptisé qui va se décliner ensuite sous différents aspects et dans différents styles de vie" ajoute Soeur Nathalie Becquart.

À partir de là, il faut aider les jeunes à discerner. "L’enjeu pour les parents est de réaliser que chaque enfant est unique, et que chacun a un propre chemin de vie particulier à découvrir. Il faut donc aider chaque enfant à découvrir ce qui le rend vraiment heureux, et ce qui le construit. Ce n’est pas si simple pour les parents car la perspective déployée par l’Eglise quand on parle de vocation est un chemin de liberté, qui doit être découvert et discerné, et non pas imposé. Ce dont ont besoin les jeunes aujourd’hui, c’est qu’on les aide à faire les bons choix" lance encore la directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la CEF

En octobre prochain, quand débutera le synode des jeunes, les sujets abordés par les évêques seront nombreux. "L’instrument de travail est constitué à partir de beaucoup de sources de consultation. Il y a pas mal de sujets. Il y a notamment la place des femmes, les situations de vie des jeunes, l’homosexualité, la sexualité, et la volonté que l’Eglise bouge, continue à se réformer, et à avancer" conclut-elle.
 

Soeur Nathalie Becquart, directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la CEF:

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Mgr Denis Moutel: "l'Evangile n'est pas seulement pour les familles qui vont bien"

Mgr Denis Moutel: "l'Evangile n'est pas seulement pour les familles qui vont bien"

​Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc, était lui aussi présent à la Rencontre Mondiale des Familles de Dublin.

"Je viens pour approfondir ce chemin de la vie de la famille, comme bonne nouvelle. Ce qui me frappe, c’est qu’il y a un gros effort pour varier les thèmes, les sujets, les intervenants des conférences du matin. Une attention importante est accordée aux familles en difficulté socialement, et aussi aux difficultés liées à l’accès à la foi. J’ai participé également à une conférence sur l’accueil des personnes LGBT, avec comme exemple la rencontre de Jésus avec Zaché : « viens, descends, je vais demeurer chez toi" explique Mgr Denis Moutel.

"Ce qui nous aide beaucoup, c’est la dynamique même de cette exhortation apostolique Amoris Laetitia, où le pape François porte un regard lucide et réaliste sur la réalité des familles et sur leurs grandes difficultés. L’Evangile n’est pas seulement pour les familles où tout va bien. Il s’agit donc de se réjouir pour les familles, de souffrir aussi avec elles dans les douleurs qu’elles traversent et accompagner ceux qui ont connu l’échec, ceux qui sont séparés, divorcés, pour avancer sur leur chemin. Il y a une dynamique intéressante où rien n’est figé. On dit aux familles de ne pas se décourager" ajoute l'évêque de Saint Brieuc.

"La famille, comme lieu d’apprentissage de la vie et de l’amour, fait partie de nos priorités établies durant notre synode, qui s’est terminé il y a un an. Cela fait partie des axes à poursuivre. Au niveau diocésain, nous sommes dans un changement d’équipe. On va continuer cela. Mais cela me fortifie, d’autant plus que les futurs responsables de la pastorale des familles sont là. Ensemble, on pourra reprendre plus facilement ce que l’on a vécu ici" conclut Mgr Denis Moutel.
 

Mgr Denis Moutel, évêque du diocèse de Saint Brieuc:

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A CANA, on découvre l'oecuménisme en couple

Annick et Gilles, évangéliques de Hillsong se sont rendus à Cana pour prendre soin de leur couple. Ils ont finalement découvert l’œcuménisme au Chemin Neuf.

Annick et Gilles, présents à Dublin pour la Rencontre Mondiale des Familles avec CANA, ont fait l'expérience de la communauté du Chemin Neuf il y a quelques années. Alors qu'ils connaissaient quelques difficultés dans leur couple, ils ont décidé de suivre une session CANA. Ils y ont finalement découvert l'oecuménisme, et sont désormais actifs au sein du Chemin Neuf.

"Il y a quelques temps, on était en difficulté dans notre couple et une amie de l’Eglise évangélique nous a parlé de CANA. Car elle l’avait fait. On a mis trois ans avant de se décider à venir parce que c’était fait par des catholiques. Voila comme on a connu cette communauté" explique Annick.

"Annick me l’a demandé une première fois, j’ai dit non. Elle me l’a demandé l’année suivante, et la troisième année j’ai dit oui. On est parti faire cette semaine de Cana. On se demandait ce qu’on allait trouver là-bas. On se disait : qu’est-ce-que les catholiques peuvent nous apporter pour notre couple ? Et en arrivant là-bas, on s’est fait tout petit. On est entré dans la session, car on venait d’abord pour notre couple. On a réalisé qu’il y avait des chrétiens, qui priaient, qui chantaient les mêmes chants que l’Eglise évangélique" ajoute Gilles.

"A ma session CANA, j’ai reçu pour mon couple, mais j’ai découvert ce qu’était l’œcuménisme. J’ai découvert des frères et sœurs catholiques qui priaient comme nous, qui chantaient comme nous. Cela a été une révélation. C’est de la louange, ce sont des chants gais, des cris de joie" précise Annick.

"Quand on a fait notre session CANA, en voyant les chrétiens du Chemin Neuf, on s’est dit qu’on ne serait jamais communautaire. Et on a fait beaucoup de chemin, pour finalement entrer dans cette communauté" lance son époux. "On a découvert les temps liturgiques qui rythment l’année. C’est quelque chose de bon que de pouvoir se remémorer à des moments précis. On a découvert aussi les saints, comme Ignace de Loyola, et Sainte Thérèse" précise-t-elle.

"On connaît bien la parole de Dieu dans les Eglises évangéliques, mais on a découvert que cette parole pouvait être vraiment vivante. On est passé d’une connaissance de la Bible à une incarnation. Et cette parole est vraiment descendue dans notre cœur" lance son mari. Pour ce couple, il est nécessaire aujourd’hui que les chrétiens se retrouvent autour de ce qui les rassemble.

Gilles et Annick, évangéliques de Hillsong, interrogés par Etienne Pépin:

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Abus sexuels: pour Mgr Bruno Feillet, "lorsqu'on est solidaire dans une famille, on demande pardon"

L'invité de la rédaction

La Rencontre Mondiale des Familles s’est achevée hier à Dublin par une messe célébrée par le pape François. Une messe marquée par une prière pénitentielle pour les abus commis dans l'Église.

Le ton solennel tranchait très nettement avec la soirée exceptionnelle de samedi au stade mythique de Dublin, le Croke Park, le temps du sport gaélique. Le pape y a participé au festival des familles, une grande soirée de témoignages, de danse, de chant et de prière. 

Abus de pouvoir, abus de conscience et abus sexuels. François a selon ses mots "déposé ces crimes aux pieds de la miséricorde du Seigneur" et demandé pardon pour ces abus commis" par des personnes qui avaient des charges de responsabilité dans l’Église". Dimanche 26 août dernier, le pape François clôturait une semaine de Rencontre Mondiale des Familles, par une messe. Durant cette messe, le Saint Père a demandé pardon pour tous les crimes commis par des membres de l’Église. "C’est normal. Je crois que lorsque l’on est solidaire dans une grande famille, et que certains membres font de graves fautes, on demande pardon. On prie, et on travaille pour que l’on ne recommence pas" explique Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire de Reims, président de la commission famille et société à la Conférence des Evêques de France.

La semaine dernière, le pape François avait déjà pris la parole sur le sujet des abus sexuels dans l’Eglise, via une lettre. Un texte clair et sans ambigüités. "Il a demandé à ce que l’on jeûne, que l’on fasse pénitence. Lorsque l’on est confronté à des drames épouvantables, à des systèmes presque, il faut se remettre aux fondamentaux. Et pour nous, c’est l’Évangile. Il faut reprendre l’Évangile encore et encore" ajoute-t-il.

Dans son texte, le pape en appelle au "Peuple de Dieu". "Tous ensemble, nous formons le peuple de Dieu. Nous devons nous mettre à l’écoute de l’Évangile. L’esprit souffle aussi chez les laïcs. Nous avons beaucoup à recevoir de leur fidélité, du courage des laïcs, des familles" lance l'évêque auxiliaire de Reims.

Cette année, pour cette Rencontre Mondiale des Familles, le grand fil rouge, c’était Amoris Laetitia, l’exhortation apostolique du pape François. Un texte qui appelle l’Église à faire évoluer sa pastorale familiale. "Beaucoup de choses peuvent évoluer. L’exhortation traite du début de la vie conjugale, jusqu’aux situations fragiles. Il faut travailler un meilleur accompagnement des jeunes couples, une meilleure transmission de la foi, un travail pour les personnes qui ont connu un divorce, qui se remarient" analyse encore Mgr Feillet.

Cette semaine, il était question de famille bien entendu, mais aussi d’écologie, de nouvelles technologies. "Dans les familles, on sait que tout est lié. C’est un travail d’attention des parents, et d’éducation. C’est une mentalité. C’est un changement d’état d’esprit. Concernant le numérique, un sujet que l’on connait bien au service famille et société, cela rapproche ceux qui sont loin, et ça éloigne ceux qui sont proches. C’est cette vigilance là qu’il faut avoir" conclut le président de la Commission Famille et Société à la Conférence des Evêques de France.
 

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Rencontre Mondiale des Familles: retour sur le weekend du pape à Dublin

La rencontre mondiale des familles s’est achevée à Dublin par une messe célébrée par le pape François. Une messe marquée dès le début par une prière pour les abus commis dans l'Église.

"Je veux déposer ces crimes aux pieds de la Miséricorde du Seigneur et demander pardon pour ces abus". Le pape François a commencé la messe de clôture de la Rencontre Mondiale des Familles sur un ton grave, évoquant les abus de pouvoir, les abus de conscience et les abus sexuels. Dans une prière pénitentielle très solennelle, il a demandé pardon pour toutes les fois où l’Église n’a pas montré compassion, recherche de justice et de vérité avec des actions concrètes.

"Tout ce qu’a dit le pape avec ses paroles de repentir, en parfaite cohérence avec ce qu’il a pu dire aux autorités civiles et religieuses me touche profondément. Après sa lettre au Peuple de Dieu, il nous invite à nous situer nous-mêmes dans nos propres attitudes de connivence. Je me sens vraiment fils de l’Eglise, mais je suis entré encore plus profondément grâce à lui dans la Miséricorde et la compassion pour les victimes" explique Pierre-Marie, un Français venu en Irlande pour la Rencontre Mondiale des Familles.

Samedi, la veille, l’ambiance était beaucoup plus festive au Corke Park, stade mythique de Dublin. Le pape y a participé au festival des familles, une grande soirée de témoignages, de danse, de chants et de prière. Des artistes du monde entier se sont succédé sur scène pour célébrer la famille, et sa présence dans l’Église. Le pape a d’ailleurs pu écouter des témoignages de plusieurs familles présentant différentes réalités : l’éducation, les différences intergénérationnelles, les pauvretés, les migrations, les conflits, le numérique. Il a ensuite pris le temps pour un long discours d’encouragement aux familles.

"J’ai bien aimé que le pape puisse répondre à ces familles qui ont fait de très beaux témoignages sur leur vie, leurs difficultés. Cela vaut la peine de prendre le temps de réfléchir sur les moyens à prendre en retournant chez moi, pour remettre dans notre vie de famille, des temps ensemble, pour simplement vivre cette joie, cet amour en famille" lance Christiane, une Québécoise.

Pour Gaëlle, il y avait "toutes les couleurs possibles et imaginables d’une vie de famille heureuse. Moi je retiens les différences, les couleurs, et l’appel à la charité. C’est un appel à ce que l’on connaît chacun pour aller vers l’autre. Et en même temps, j’ai bien aimé le côté physique, affectif, affectueux du pape François".
 

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Pédophilie dans l'Eglise: pour Mgr Aupetit, "l'important, c'est de retrouver les ferments de l'unité"

​Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, participait à la Rencontre Mondiale des Familles, à Dublin. Il réagit notamment aux révélations concernant les abus pédophiles dans l’Église.

"Ce qu’on voit ici, c’est de la joie. Quand une famille souffre, et l’Église est une famille, l’important c’est de retrouver les ferments de l’unité. Qu’est ce qui nous unit ? Les relations entre nous, ces relations fondées sur le Christ, sur l’Amour. Retrouver les fondamentaux. Il faut redonner leur place aux familles. Il faut que les familles s’investissent davantage dans l’Église, nous disent des choses, et prennent soin de nous comme nous les prêtres nous avons à prendre soin d’elles. Nous avons à vivre de manière moins cloisonnée. C’est ce que le pape a dit, quand il parlait de cléricalisme. Nous sommes une famille où chacun a son rôle, mais il faut que nous soyons plus attentifs" explique Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris.

"J’ai demandé deux choses à la rentrée : que des couples viennent déjeuner avec des séminaristes dans les maisons de séminaire, que des laïcs formés par nous puissent venir accompagner les séminaristes en tutorat. Il ne faut pas que l’Église soit deux blocs monolithiques. Nous portons ensemble la mission d’annoncer le message que le Christ nous a confié" ajoute Mgr Aupetit.

Pour Mgr Aupetit, la pastorale de la famille évolue sans arrêt. "Le problème, c’est ce sur quoi elle se fonde. Il faut revenir à la source. Que nous dit notre Seigneur ? C’est quand même l’Évangile qui fonde toute la pastorale sur la famille. Après, les modalités elles changent. On voit bien aujourd’hui par exemple qu’on ne peut plus accompagner les mariages comme on le faisait autrefois. Nous sommes obligés de nous adapter. L’enseignement du Christ ne peut pas changer, mais nous avons à nous adapter à une société qui elle change" précise l'archevêque de Paris.

Le pape François parle d’intégrer encore davantage. "Cela veut dire que tous ont leur place dans l’Église. Cela a toujours été le cas, mais il faut que cela soit signifié de manière plus visible, sans doute. Il y a beaucoup de souffrances. Les divorces, les enfants handicapés, toute cette souffrance-là, l’Église doit la prendre en compte" conclut Mgr Aupetit.
 

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris:

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Michel Martin-Prével, un père de famille au sens large

Michel Martin-Prével, un père de famille au sens large

Prêtre depuis 2009 au sein de la communauté des Béatitudes, le père Michel-Martin Prével a été marié. C'est après le décès de sa femme qu'il est entré dans les ordres.

Présent à Dublin, à l'occasion de la Rencontre Mondiale des Familles qui s'est achevée dimanche 26 août dernier, le père Michel Martin-Prével a pu partager ses expériences de la famille, avec les autres familles présentes pour l'occasion. Il revient sur la joie de pouvoir fonder une famille, et sur l'importance de l'Evangile pour surmonter les difficultés, au micro d'Etienne Pépin.

"Il y a du soleil dans le ciel, il y a aussi du soleil dans le cœur. On voit plein de personnes qui sont pleines d’espérance pour la famille. Bien sûr qu’il y a ces difficultés et ces souffrances qui sont largement évoquées dans les différentes interventions. Bien entendu, il ne faut pas se faire une sorte de nirvana de la famille. Mais il faut rejoindre très concrètement les difficultés d’aujourd’hui de la famille, sans lâcher cette espérance. Cela s’appelle la grâce. C’est une grâce encore aujourd’hui de pouvoir fonder une famille" explique
le père Michel Martin-Prével, membre de la communauté des Béatitudes.

"En étant veuf, je me suis remarié en épousant l’Église. Je suis très heureux d’être prêtre, et de continuer. Tout ce que j’ai fait par amour dans une famille, je le fais maintenant avec une famille plus élargie. J’ai toujours des enfants et des petits-enfants. Je suis leur père et grand-père. Je le suis bien pleinement. Et en même temps, j’ai élargie cela à d’autres, à des chrétiens, des tas de personnes pour lesquelles je me sens encore appelé à témoigner de l’Évangile de l’Amour" ajoute-t-il.

"Beaucoup viennent me voir en me disant "vous avez été marié, vous devez connaître cela", donc c’est une porte d’entrée. Beaucoup de prêtres connaissent les réalités du mariage et de la famille. Il n’empêche que mon expérience je m’en sers. J’ai créé un parcours pour aider les couples qui traversent des crises. On a autant de crises qu’avant, mais on sait moins les passer. C’est cela qui m’apparaît important. Les efforts, et les difficultés sont aux portes de la famille. La foi chrétienne est une formidable réserve de moyens pour vivre beaucoup mieux toutes ces crises que traversent les couples et les familles" précise le prêtre.

Au milieu des difficultés familiales, il est toujours possible de retrouver la joie, rappelle le père Michel Martin-Prével. "Il ne faut pas rester seul. La foi chrétienne, c’est quelque chose que l’on vit avec d’autres. Il faut avoir cette capacité de s’accueillir quelle que soit notre situation. Notre situation matrimoniale et familiale peut être variée. Il n’empêche que la force qui est celle de l’Église est de pouvoir partager ensemble les mêmes espoirs, la même foi, et le même amour" conclut le père Martin-Prével.

Michel Martin-Prével, prêtre de la Communauté des Béatitudes:

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