Roland Jacquard: "on a laissé la propagande salafiste s'instaurer depuis des années"

Présentée par Stéphanie Gallet

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Le Grand Invité

lundi 20 mars à 7h50

Durée émission : 15 min

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© BENJAMIN CREMEL AFP

​Samedi, à Orly, un homme a tenté de dérober une arme à un militaire. Il a ensuit été abattu par les forces de sécurité. Une attaque qui relance le débat sur la menace terroriste en France.

Alcool, cannabis, cocaïne, les analyses toxicologiques ont révélé que l’assaillant d’Orly était sous l’emprise de stupéfiants lors de son passage à l’acte. "Un juge d’instruction qui a eu affaire à un certain nombre de jeunes radicalisés m’a dit un jour qu’il leur opposait d’un côté le code pénal et de l’autre le Coran. Il s’apercevait alors que certains connaissaient plus le code pénal que le Coran. C’est le problème d’aujourd’hui" explique Roland Jacquard.

En effet, "l’intense propagande qu’on a laissé faire sur le salafisme radical sur les réseaux sociaux a influencé un certain nombre de jeunes délinquants. Ce sont des gens qui se sont radicalisés en prison et qui se servent souvent des proposes anti-chrétiens, antisémites, anti-société de l’Etat islamique pour se forger leur propre personnalité même si ce ne sont pas des gens adeptes du salafisme radical. C’est là où le terrorisme aujourd’hui est une notion difficile à définir".

"Pendant des années, on a laissé cette propagande s’instaurer. Cela fait seulement deux ans que l’on a essayé d’encadrer de manière pénale et scientifique cette propagande faite à travers les nouveaux réseaux sociaux" ajoute encore Roland Jacquard.

L’assaillant d’Orly n’a pas eu besoin de partir à l’étranger pour se radicaliser. Il l’a fait en prison. D’où les questions posées quant à l’univers carcéral. "Bien avant Daech, on s’est aperçu que les prisons étaient un camp d’entraînement idéologique d’un certain nombre de sujets faibles. Il y a des gens qui font de la propagande dans la prison, qui donnent des adresses pour que les détenus une fois sortis se lancent dans des affaires qui au point de départ sont toujours des affaires de droit commun, pour finalement qu’ils deviennent des terroristes en puissance" rappelle le Président de l’Observatoire International du Terrorisme.

D’un point de vue global, la menace reste très importante, qui plus est en période d’élection présidentielle. "En même temps, aujourd’hui, la nouvelle évolution contre Daesh en Irak et en Syrie fait que cette organisation a moins de temps pour se préoccuper de monter des opérations extérieures" conclut-il.

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Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.